ANVERS.—LA VIEILLE BOUCHERIE.
Les bouchers ont toujours et partout formé une corporation puissante. Cela se voit aux édifices qu'ils ont laissés. A Anvers, la maison de la Vieille Boucherie est colossale, c'est un autre Steen à peu de distance du premier, une énorme construction de briques de deux couleurs, un carré de 45 mètres, à pignons majestueux flanqués de hautes tourelles. L'édifice datant de 1501, est éclairé par de belles fenêtres ogivales. Les bouchers faisaient bien les choses, il y avait même dans l'édifice une chapelle très ornée.
Aujourd'hui, on restaure l'édifice, ou du moins on le dégage, pour commencer, des vieilles maisons qui l'enserraient.
Un trou sombre formant passage voûté, sur le côté, le long d'un calvaire sous un auvent, arrange un coin bien pittoresque parmi ces vieilles maisons, au pied des sombres murs de briques aux assises alternativement rouges et blanches, écorchés par les griffes du temps. Sur un autre coin, c'est une Vierge érigée au mur d'une tourelle, avec une lanterne à ses pieds. C'est d'ailleurs une note très anversoise: partout, dans la vieille ville, on aperçoit au coin des rues saints ou madones, témoignages de la piété du passé.
L'église Saint-Paul, tout près, possède sur son flanc droit un monumental Calvaire qui n'est pas une merveille de goût, arrangé en montagne de rochers, portant sur toutes les pointes des statues d'apôtres, de saints et d'anges, avec des grottes encadrant divers épisodes de la Passion.
Le centre moderne de la vie anversoise, c'est la Place Verte, sous la cathédrale, un carré d'arbres, avec la statue de Rubens au milieu.—Ce centre de la vie était, jusque vers 1800, le cimetière de la cathédrale.—Il y a bien du mouvement, mais, en dépit de tout le bruit, des flots d'étrangers qui passent et repassent, c'est toujours en haut que les yeux sont attirés, vers l'immense cathédrale qui domine tout le fond du tableau.