XII
ALOST.—TERMONDE.

Deux Hôtels de ville pittoresques.—Aventures et catastrophes.—Sièges.—Pestes et incendies.

Alost, petite ville industrielle, à mi-chemin entre Gand et Bruxelles, plus peuplée qu'il ne semble à première vue, n'a pas très grand caractère, et n'éveillerait pas un intérêt bien considérable, n'était la très belle maison de ville qui se dresse sur sa Grand Place.

C'est une très ancienne ville, il faut le dire, et qui a des annales assez chargées. S'il ne lui est pas resté beaucoup de maisons ou d'édifices de son vieux temps, si sa physionomie s'est un peu banalisée, cela tient sans doute aux mauvais moments qu'elle eut à passer dans le cours des siècles.

HOTEL DE VILLE DE TERMONDE.

En 1360, un incendie réduisit en cendres les trois quarts de ses maisons. Une terrible aventure la mit à mal deux siècles après; au temps des guerres religieuses, la Furie espagnole de 1576 partit d'Alost. C'est un corps d'Espagnols occupant la ville enlevée par surprise, qui donna le signal. Réunis sur cette grande place d'Alost, les soldats mutinés, rendus furieux par une série d'échecs et par les misères de la guerre, furent harangués par Juan de Navarese et l'élurent pour chef. Après avoir mis consciencieusement à sac la malheureuse petite cité, ils marchèrent sur Anvers pour lui faire subir le même sort.