Toujours comme Anvers, quelques années après, Alost eut à subir la visite de l'armée du duc d'Alençon. D'autres visites ne furent pas moins désastreuses pour les habitants; en 1485 et 1580, ce fut la peste qui fit chaque fois un nombre considérable de victimes. L'église principale, la collégiale Saint-Martin, possède un grand tableau de Rubens rappelant ces tristes épisodes: Saint Roch et les pestiférés ou Alost ravagée par la peste.
L'Hôtel de ville d'Alost est très particulier, non point par la magnificence de son architecture, les exubérances du gothique flamboyant ou la belle ordonnance, mais par un arrangement de lignes et de détails curieux, et par le caractère pittoresque de l'ensemble. Le beffroi, le pignon à tourelles, les morceaux ajoutés, gothique et gothico-Renaissance, tout s'arrange de façon très amusante.
ALOST.—ARRIÈRE FAÇADE DE L'HOTEL DE VILLE.
Le beffroi est une tour carrée du quinzième siècle, terminée par un campanile à carillon sur la jolie plate-forme. Sous deux statues décorant une des faces et représentant d'anciens comtes d'Alost, s'inscrit la date de 1200 juste. Si l'Hôtel de ville suivant l'habitude de toutes les vieilles personnes, ne se vieillit pas un peu par coquetterie, cela fait un bel âge, et comme il vient d'être restauré, il semble porter très bien ses sept cents ans.—Ni espoir, ni crainte, dit une inscription sur le beffroi, sans doute en souvenir des pestes, assauts, mises à sac et autres catastrophes qui tombèrent sur la ville. Brrr..., c'est beau le stoïcisme.
Le beffroi s'accompagne d'un beau pignon décoré avec un second campanile à la pointe et une tourelle sur le côté. Sur l'angle s'avance une annexe de la fin du quinzième siècle, très joli petit édifice du gothique de la dernière période, très orné, très fleuri, à pignon ondulé, avec des statues et des pinacles. Les décrochements de la façade donnent des ombres nettes qui soulignent et ajoutent au pittoresque des lignes et des détails.
Pour ajouter par la couleur quelque chose de plus, il y a au fond de la place une rangée de maisons à pignons du seizième siècle portées sur arcades, façades de briques avec encadrements de pierres. Une statue au milieu de la place s'entoure des voitures, des échoppes et des déballages du marché: c'est Thierry Mœrtens, célèbre imprimeur, né à Alost, et qui fonda en sa ville natale un des premiers établissements typographiques de Belgique.
L'Hôtel de ville a, par derrière, une deuxième façade plus sévère, un grand pignon éclairé de belles fenêtres et flanqué aussi de tourelles.