MALINES.—PIGNON SUR LA GRAND'PLACE.

Saint Rombaut était venu d'Ecosse prêcher le christianisme à Malines vers l'an 700; l'église actuelle date des quatorzième et quinzième siècles. Malines fut érigé en Archevêché pour le cardinal Granvelle, le célèbre ministre de Philippe II, qui eut aussi le titre de Primat des Flandres. C'était en 1559, le roi Philippe II procédait à la réorganisation des Pays-Bas et nommait, entre autres, Guillaume d'Orange, au gouvernement de Hollande, et le comte d'Egmont à celui de Flandre et d'Artois; la duchesse Marguerite de Parme, fille naturelle de Charles-Quint, était gouvernante générale.

La tour étonne par ses proportions et charme quand on suit le détail des lignes; ce sont d'énormes contreforts habillés de belles sculptures, de niches, de dais, de pinacles, de balustrades, et cela monte à 97 mètres, jusqu'à une belle plate-forme portant une amorce de flèche qui n'a jamais été construite.

Cette géante de pierres, incomplète, ressemble à la Tour Saint-Jacques de Paris, mais elle est plus massive et plus haute. On devait encore lui ajuster une flèche proportionnée à sa taille, montant d'une soixantaine de mètres encore, mais les événements du seizième siècle ont arrêté sa construction. Les habitants de Malines ne peuvent se consoler de ne point voir cette flèche dans leur ciel, et ils accusent Guillaume d'Orange de leur avoir volé les pierres amassées pour la construction, en vue de bâtir la ville de Willemstadt, créée par lui au milieu des polders, en avant de Rotterdam.

Pour se rendre exactement compte des proportions de la tour, il suffit de regarder à ses pieds le pavé de la place. Au centre, s'élève la statue de Marguerite d'Autriche, tante de Charles-Quint, gouvernante des Pays-Bas, qui avait établi sa résidence à Malines. On a reproduit, autour de la statue, sur le pavé, le cadran de l'horloge placée tout en haut de la tour et ce cadran mesure 13m.70.

MALINES.—CATHÉDRALE SAINT-ROMBAUT.