1845.
XII
ÉPOQUE MODERNE
1848.—Des révolutions partout, excepté dans le royaume de la mode.—Règne universel de la crinoline.—Les châles cachemire.—Talmas, burnous, pince-tailles.—Modes de plages.—Robes courtes.—Saute-en-barque.—Jupes larges et jupes étroites.—Les modes collantes.—Poufs et tournures.—Modes Valois.—Erudition plus qu'imagination.—On demande une mode fin de siècle.
La Révolution de 48 n'a aucune action sur les modes, elle ne lance pas, comme la première, la toilette dans des voies nouvelles. En ce temps de bouleversement, quand toute l'Europe semble gagnée par l'esprit de révolution, lorsque tant de rêves plus ou moins beaux, plus ou moins fous, brûlent le cerveau congestionné des peuples, la mode à qui pourtant un petit grain de folie serait certainement permis, se conduit en personne sage et prudente.
Les toilettes continuent à se montrer éminemment bourgeoises; on croirait que c'est Mme Prudhomme qui donne le ton.
Les tristes et mesquins chapeaux en petit cabriolet, fermés sous le menton avec de petites brides, règnent sans conteste, il n'y a pour ainsi dire qu'une forme unique, à bavolet, sans autres ornements que des rubans sans grâce. La robe n'a pas la moindre ornementation non plus, le corsage est très long, la jupe droite. Sur ces toilettes plates on porte au dehors des mantelets et des châles.
PARISIENNE 1835.