Ce sont ces toilettes, très sobres et très effacées, que le second Empire va trouver à ses débuts et qu'il transformera peu à peu en un costume à grand fla-fla très compliqué, très chargé et surchargé, mais plus que discutable comme goût et même tout à fait dépourvu de style, sauf dans quelques trouvailles heureuses qui ne durèrent pas, vers 1864.
Chapeau 1848.
La grande pensée du règne,—côté modes,—la grande innovation qui va donner le la aux toilettes, c'est la crinoline,—honnie, attaquée, vilipendée par vaudevillistes, journalistes, caricaturistes, par les maris, par tout le monde, c'est la crinoline triomphante de toutes les clameurs, de toutes les moqueries, comme de tous les justes reproches.
On peut bien dire que sous l'Empire la femme a tenu trois ou quatre fois plus de place dans le monde—au moins en circonférence—qu'aux époques précédentes, plus même que sous Louis XV de peu vertueuse mémoire, la crinoline ayant régné bien plus despotiquement que les paniers, puisque les femmes de toutes classes durent l'adopter et que les filles des champs ne se crurent pas habillées le dimanche à moins de ballonner comme les dames de la ville avec la cage en cercles d'acier.
Les tournures et les jupons bouillonnés en étoffe de crin ont habitué peu à peu les yeux à l'élargissement des jupes, et lorsque la crinoline sans armature est délaissée pour les cerceaux en ressorts d'acier et pour la crinoline cage, à cercles et à montants d'acier, les dames trouvent ce ballonnement charmant et la crinoline fait le tour du monde.
Il est bien inutile d'insister sur ses nombreux inconvénients qu'on a encore dans la mémoire, sur la gêne qu'elle imposait, mais au point de vue esthétique, la crinoline doit être solennellement anathématisée, excommuniée, ridiculisée à jamais... c'est-à-dire jusqu'au jour où elle reviendra sous un autre nom.