On peut encore signaler les capelines parmi les inventions commodes, et les vestes zouaves, les rouges garibaldis et les figaros, parmi les nouveautés gracieuses de l'époque.

Le chapitre des chapeaux n'est pas bien brillant. Jusque vers 1863, ce sont toujours les grandes capotes de cabriolets, avec bavolets, avec fleurs dans l'intérieur de la passe et au-dessus; cette coiffure, c'est en somme le grand chapeau de la Restauration, abîmé, ridiculement arrangé, finissant tristement ses derniers jours.

Voilà donc le luxe effréné tant reproché aux femmes par le président Dupin, dans la fameuse brochure qui fit sensation en 1865,—le luxe débordant les jours de Grand Prix dans la grande Ville, roulant de l'hippodrome de Longchamps tout le long des boulevards, le luxe qui, paraît-il, faisait de Paris une Byzance décadente, scandalisait l'honnête bourgeoise en petit châle, et faisait monter le rouge aux joues du reste de la vertueuse Europe, vouée encore à la simplicité naïve et pratiquant le culte de sainte mousseline à dix sous le mètre.

Effréné peut-être, ce luxe corrupteur et effrayant, mais peu artistique, d'un goût médiocre et donnant à très grands frais l'impression du clinquant.

Bien que le recul ne soit pas encore suffisant pour le juger, pour apprécier les modes de ce temps dans leur ensemble, sans se laisser influencer par la pointe de ridicule qui s'attache au démodé, il semble cependant qu'au siècle prochain les femmes et les artistes le jugeront à peu près ainsi. Nous ne voyons pas les peintres élégants d'alors ressuscitant dans leurs tableaux les modes de 1860, pour la joie des mondaines et des américains vingtième siècle.

Pince-taille.

Cependant la vogue des bains de mer qui se dessine de plus en plus et qui deviendra bientôt une migration annuelle et régulière de toute la bourgeoisie vers les plages normandes ou bretonnes, cette habitude des excursions estivales amène quelques gracieux changements dans la mode.