La crinoline elle-même tombe un instant en 1867, au moment des jupes plates et traînantes, des corsages peplums, nés d'un retour de goût pour la tragédie, dont on déclame des fragments au Café-Concert, au moment des petits chapeaux assiettes, posés sur le front devant le gros chignon relevé en boule, coiffures que viennent compléter les rubans flottant dans le dos et appelés du nom expressif de: «Suivez-moi jeune homme.»
... Et la bataille continue entre les jupes larges et les jupes étroites, la crinoline a battu de l'aile pendant quelques années et finalement elle est morte. La crinoline à grands cerceaux est maintenant du domaine de l'archéologie; c'est une antiquité, comme le panier, comme le vertugadin.
Comme on voulait encore de l'ampleur, on l'a remplacée par des poufs, de très volumineux paquets d'étoffes, relevés par derrière sur les jupes.
Puis sur le chemin de la réaction anti-crinolinienne, on a été en diminuant peu à peu la largeur des jupes jusqu'aux robes moulées sur le corps, au collant qui a duré deux ou trois ans, vers 1880. Les modes étaient alors fort jolies, très esthétiques. Puis un petit soupçon de gonflement s'est produit, on s'est élargi un peu, on a bien vite adopté les tournures....
Mais cette mode des robes collantes nous a laissé les corsages en jersey qui moulent très gracieusement le corsage et les hanches. Le jersey vite adopté convient admirablement aux toilettes de promenade et de campagne.
Pendant quelques étés d'un bout de l'Europe à l'autre, sur toutes les plages d'Angleterre, de France et d'ailleurs, le Jersey fut l'uniforme obligatoire; femmes, jeunes filles, enfants, garçons ou fillettes, tous furent en jerseys bleu foncé, agrémentés d'ancres d'or, tous en matelots. Les enfants gardent encore ce vêtement gracieux et commode et voici que les hommes,—touristes et vélocipédistes—l'adoptent.
Le temps est passé des édits somptuaires et des gouvernants légiférant sur le luxe pour enrayer ses débordements. On a vu, de Philippe le Bel à Richelieu, la longue série de ces édits; avant de tomber à l'oubli, ils furent pourtant presque toujours appliqués rigoureusement d'abord, même par des rois qui mettaient le Trésor à sec pour les somptuosités de leur cour, comme Henri III par exemple, le mignon fanfreluché, qui lors d'un de ses accès de répression du luxe des autres, fit jeter en prison au fort l'Évêque en un seul jour une trentaine de femmes et non des moindres de Paris, coupables d'avoir bravé les prohibitions du brocart et de la soie.
Ce temps des prohibitions somptuaires, des ordonnances royales sur les modes n'est plus. Dans l'intérêt général de l'industrie et du commerce, tout ce qui peut développer le grand luxe doit être aujourd'hui recherché et favorisé.
C'est le petit luxe qui devrait être au contraire réprimé s'il était possible, ou plutôt qui aurait dû être réprimé, car aujourd'hui le mal est fait et parfait.