Robe collante 1880.

Ah! si la mode plus puissante que les rois et les ministres, que les arrêts, les lois et les édits, si la mode dont les ordonnances sont sans appel, avait pu décréter la conservation des anciens costumes féminins de nos provinces, des modes locales souvent si gracieuses, des élégances campagnardes, auxquelles la ville a si souvent fait des emprunts, des façons de robes, des mantes, et aussi des coiffures si variées, coiffes bressannes, casques de dentelles du pays de Caux, grandes coiffes bretonnes, bonnets d'arlésiennes, etc... Quel sauvetage!

Mais non, tout cela est parti, toutes ces jolies choses ont disparu devant l'envahissement d'un faux luxe mesquin, caricature sans goût des élégances parisiennes, devant les confections uniformes et informes, fabriquées à la centaine et portées jusque dans les plus lointains cantons!...

Partout, hélas, les jolies modes locales, les élégances particulières et régionales, ont cédé pour jamais la place à des attifements souvent prétentieux et ridicules...

Le «costume» des campagnes en toute province est évanoui, envolé, perdu, c'est à la «mode» des villes, de nous indemniser en élégance vraie et en grâce.

La mode est aujourd'hui dans une période de transition et de tâtonnements, elle cherche, elle essaie, à défaut de nouveautés nouvelles, des imitations des nouveautés d'autrefois,—ayant suffisamment vieilli, comme disait la couturière de l'impératrice Joséphine.

On va des imitations des coupes Louis XVI ou Empire à des ajustements Valois, aux corsages Louis XIII, aux manches moyen âge ou bien aux manches à gigot 1830... Nous verrons ce qui sortira de ces tentatives et de ces essais et si comme il arrive dans tous les arts, il en sera de l'art de la toilette comme des autres, si le neuf naîtra de l'étude de l'ancien.