Coiffure et Collerette Valois.

V
HENRI III

La cour du Roi-Femme.—Les grandes fraises plissées, godronnées ou en cornets.—Les femmes-cloches.—Les grandes manches.—Horribles méfaits du corset.—La reine Margot et ses pages blonds.

Le règne de Henri III n'apporte aucun changement dans la situation. Les temps furent plus sombres peut-être et le pays plus bouleversé. Cependant malgré la sainte Ligue, malgré le redoublement des guerres civiles, malgré l'incendie de ses provinces et le sang qui coulait de partout, Henri III, roi de la France tiraillée à quatre chevaux, prit en main le sceptre de la mode.

Après le sombre Charles IX, dédaigneux du luxe et des affiquets de la toilette, venait un roi mignard, frisé, fraisé, musqué, fardé, qui, tout en renouvelant les édits de Charles IX contre le luxe, lançait la cour, et après la cour tout ce qui peut suivre la mode, dans un débordement de folies luxueuses, de somptuosités excentriques et extravagantes.

Sous ce roi de l'île des Hermaphrodites, comme des pamphlets l'appelèrent, le roi-femme, et l'homme-Reine de d'Aubigné:

Son visage de blanc et de rouge empâté,
Son chef tout empoudré nous montrèrent l'idée
En la place d'un roi d'une fille fardée.

tout est désordonné et déréglé à la cour. «Le luxe et les débordements sont tels que la plus chaste Lucrèce y deviendrait une Faustine,» dit la chronique de l'Étoile.