La grande fraise, le grand collet monté ou rabattu est remplacé par un grand rabat de lingerie qui monte jusqu'au menton. Il n'y a plus dans ce costume aucun reste des modes du XVIe siècle définitivement trépassées.

Mais ce costume extrêmement simple, d'une sobriété qui touche à l'austérité, restera celui des toutes petites bourgeoises, des bonnes ménagères à qui les édits somptuaires ne causent pas grand souci ni douleur; c'est en somme dans les grandes lignes, le costume actuel des sœurs de Saint-Vincent de Paul, aux couleurs près.

Les belles dames vont prendre ce modeste costume d'après les édits et le transformer bien vite et en faire un des ensembles les plus élégants et les plus charmants que la mode ait inventés, un type vraiment remarquable de haute distinction, juste au moment où le costume masculin si dégagé, si cavalier des premiers temps de Callot, va se modifier en mal, devenir lourd et guindé avec les justaucorps à taille sous les bras et les hauts de chausses tombant au mollet.

Fin du règne de Louis XIII.

La robe s'ouvre du haut en bas, laissant voir un devant de corsage de satin clair orné d'aiguillettes et terminé en pointe arrondie sur une jupe de dessous de soie ou satin mordoré. La robe de dessus ainsi largement ouverte et assez longue, a tous ses plis sur les côtés ou par derrière.

Les manches bouffantes sont coupées en minces bandes du haut en bas, rattachées sur la saignée par un ruban ou simplement ouvertes sur une riche manche de dessous et garnies sur l'ouverture d'aiguillettes ou de nœuds de rubans.

Plus de collets montés, rien que des collets rabattus. Ces grands collets et rabats de lingerie ont bien vite repris quelques riches broderies, dont les pointes tombent maintenant très bas sur les épaules et sur les bras, en même temps que de hautes manchettes dentelées et découpées de la même broderie montent des poignets jusqu'au coude.

Et touffes et bouffettes de rubans partout, rosettes au corsage; guirlandes de rosettes à la ceinture, et colliers de perles tombant dans le corsage, carcans de bijouterie serrés au cou, diamants et pierres sur les aiguillettes et les ferrets. Voici la dame à la mode de 1635 qui s'en va promener ses riches atours à la Place Royale parmi les galants à moustaches retroussées, qui papillonnent sous les arcades.