Paris alors pullulera de coiffeurs de génie, les Legros et les Léonard, Raphaëls et Rubens, ou plutôt Soufflots de la coiffure, qui tiendront des académies pour enseigner les principes de leur architecture capillaire; qui lutteront à qui trouvera, pour orner les têtes aristocratiques, le comble du ridicule et qui le trouveront plusieurs fois.
Les perruquiers avaient eu déjà leurs jours de gloire au grand siècle, avec les majestueuses perruques des hommes; devenus maintenant les Académiciens de la coiffure, ils vont triompher de nouveau, mais aux dépens de la grâce féminine.
GRANDS PANIERS LOUIS XVI.
Voyons la femme à sa toilette, se préparant pour les visites ou pour la sortie aux Tuileries, à l'heure du beau monde. C'est l'affaire importante de la journée, ce petit travail de laboratoire où l'art et la fantaisie accommodent la beauté toute simple au goût du jour. Cette heure de la toilette après le petit lever, Lancret, Baudoin et tous les peintres galants ou élégants du siècle, l'ont célébrée avec toutes les coquetteries de leur pinceau charmeur, et les caricaturistes ne se sont pas privés d'en sourire.
Dans le cabinet de toilette aux boiseries blanches, moulurées et sculptées dans le style rocaille, devant son miroir au cadre contourné, Madame a été habillée par ses suivantes, femmes de chambre ou soubrettes; elle a pu à son petit lever donner audience à ses galants et à ses modistes, au marquis et au financier, au poète qui célèbre ses charmes dans l'Almanach des Muses, au déluré chevalier et au galant abbé de Cour à petit collet.
—«Qu'en dit l'abbé?» L'abbé a du goût et ses avis sur tout ce qui touche aux fantaisies de la mode sont précieux.
Mais tout ce monde frivole a été renvoyé, c'est maintenant l'heure du coiffeur, le moment sérieux de la journée, le seul moment vraiment important.