Grand Chapeau Louis XVI.
IX
XVIIIe SIÈCLE—LOUIS XVI
Les coiffures colossales.—Le pouf au sentiment.—Parcs, jardins potagers et paysages animés de figures sur les têtes.—La coiffure à la Belle-Poule.—Les mouches.—Modes champêtres.—Les robes négligentes.—Couleurs à la mode.—Le Monument du costume.—Les amazones.—Modes anglaises.—Les bourgeoises.
Il vieillit, le siècle des grandes élégances poudrées et musquées, le siècle aux exquises coquetteries, il prend de l'âge et s'ennuie dans son papillotant décor rocaille.
Son goût s'est un peu fatigué, il ne se renouvelle plus que difficilement, depuis longtemps la mode est stationnaire et tourne toujours dans le même cercle.
Le style Louis XV est devenu aussi ennuyeux que jadis le style Louis XIV, le rococo paraît à son tour perruque et vieux jeu; mais attendez, la mode va essayer de donner un brusque coup d'aile et tout risquer, même de tomber dans le baroque,—ce qu'elle peut bien se permettre trois ou quatre fois par siècle, après tout.
Le grain de folie qui couve toujours au fond de la petite cervelle frivole et hurluberlue de la déesse de la mode, va donc faire des siennes. Conservant encore pour un temps les gracieuses façons Pompadour et Watteau, la mode va se rattraper sur les coiffures et prendre pour champ d'exercice de ses caprices les plus fous, pour théâtre de ses plus incroyables fantaisies la tête de la femme, qu'elle va charger, arranger, surcharger des plus folles inventions, sous prétexte de l'embellir, qu'elle—transformera en paysage champêtre ou même maritime, qu'elle empanachera et rehaussera fabuleusement, sur laquelle elle bâtira des édifices et ira même jusqu'à faire promener de petits bonshommes ou de petites bonnes femmes, des poupées de carton.