Une grâce aimable et distinguée, une exquise originalité, une élégance souple et naturelle, de belles ondulations de jupes, des coiffures extrêmement seyantes, très trouvées, les modes de ce temps-là sont vraiment délicieuses, et la femme de 1830 a droit à une belle place de choix dans les évocations des élégances d'antan, parmi les plus charmantes figures du passé.
Plus tard, quand notre pauvre XIXe siècle aura glissé avec les autres dans le gouffre qu'il peut, hélas, entrevoir déjà, quand les belles d'aujourd'hui seront à leur tour devenues des aïeules, lorsqu'on songera à se figurer les femmes de notre siècle, c'est avec les toilettes de 1830, pour la première moitié, et de... mettons 90... pour la seconde moitié, qu'on se les représentera.
C'est la bonne époque, les dessins et peintures d'alors, des Devéria, Gavarni et autres, sont là pour témoigner de la grâce des toilettes portées par les femmes de 1825 à 1835, de la seconde période de la Restauration aux premiers temps de la monarchie de Juillet, pendant le grand renouveau des idées et des arts.
Ah! celles-ci, nous les avons connues, elles nous intéressent plus que toutes, ce ne sont pas des figures vagues, estompées dans le recul des siècles! Nous les avons connues..., devenues de bonnes et charmantes vieilles, au visage encore encadré de boucles comme aux jours d'autrefois, mais de boucles blanches, avec des lunettes sur ces yeux jadis, paraît-il, vifs et rieurs...
Après la chute de l'Empire, l'anglomanie domine pendant quelques années dans les toilettes, et aussi un peu de cosaquomanie; les modes parisiennes sont des imitations des modes de Londres; mais peu à peu se dégagent, et de tâtonnements en tâtonnements, arrivent à réaliser de fort jolis types de toilettes.
Chapeau 1815.
C'est encore pendant quelques années la robe sac ou fourreau de parapluie de l'Empire, avec des essais de corsages, des tailles placées moins haut, des essais de manches à gros bouillons, et des chapeaux plus ou moins gracieux de formes tout à fait bizarres et toujours vastes de proportions, des chapeaux au fond desquels assez souvent la figure se dissimule presque complètement.
Le grand luxe revient pourtant avec la tranquillité, avec le repos qu'on n'a pas connu depuis vingt-cinq ans, avec la cour, dans les salons qui ont retrouvé l'éclat de jadis, et qui ne sont plus seulement des petites réunions de mécontents ou de simples parlottes, comme autrefois, discutant la dernière victoire ou le dernier revers de l'Empereur, unique sujet de conversation entre deux parties de whist.