Reprenons quelques-uns des vieux verres de la grande lanterne magique que le temps fait passer si rapidement et voici les élégantes de la Restauration, les belles romantiques et les lionnes de la monarchie de Juillet.
Toilette de soirée Restauration.
La robe de gros de Naples blanc, avec des volants jaunes au bas de la jupe élargie, la même garniture en pèlerine sur les épaules, des manches à gigot,—elles viennent de naître et triomphent concurremment avec les manches à l'éléphant et les manches à l'imbécile,—collerette tuyautée, grand chapeau de paille de riz avec rubans de satin et panaches de grandes plumes.
Jupes élargies garnies de bouillonnés de gaze et de coques de satin, de volants et d'entre-deux de dentelles, canezous, jupes écossaises, grands chapeaux décoratifs ornés de gros bouquets de fleurs,—ces chapeaux de Mme Herbault dont les chroniques et les romans d'alors coiffent toutes les belles,—immenses gants habillant tout le bras...
Cette dame qui joue rêveusement de la harpe dans une soirée élégante, les épaules drapées dans une écharpe de gaze rayée, est coiffée d'un grand béret qui va bien à son profil poétique; en sortant du salon, elle s'enveloppera dans une rotonde ou dans un de ces vastes manteaux de drap à palatine découpée, à grand collet et doublure de fourrures, pendant que Monsieur, le monsieur à toupet frisé, habit bleu à boutons d'or et pantalon collant, endossera son carrick.
Pour l'été, pour la campagne, pour la promenade, pour aller consulter le sorcier de Tivoli, canezous d'organdi ruchés de tulle, grands chapeaux de paille avec d'immenses rubans dressés.
Pour le théâtre, pour les sorties, pour tous les temps frais, on a les boas, ces boas que nous venons tout récemment de voir revenir et qui sont l'occasion de si jolis mouvements. Les serpents de fourrure s'enroulent sur les épaules nues et sertissent chaudement et voluptueusement les fraîches carnations.
En 1827, pour célébrer l'arrivée de la première girafe au jardin des Plantes, toute la mode est à la Girafe.