Mais la réaction en sens inverse est commencée, nous avons pu revoir en ces dernières années de vraiment gracieuses coiffures.

La femme d'alors dans l'intimité ne craint pas les grands bonnets coquettement chiffonnés, vastes comme les chapeaux, avec un fond relevé très haut pour contenir le grand peigne avec des ébouriffements de dentelles et de rubans autour de ses boucles ou de ses anglaises. C'est le dernier temps d'élégance des bonnets, ensuite, hélas! il n'y aura plus de beaux bonnets qu'aux champs, tant que dureront les majestueux hennins des Normandes ou les coiffes voltigeantes si variées des femmes de Bretagne.

Après ces jolis bonnets de boudoir des lionnes de 1830, la décadence du bonnet commence. Il est encore joli, le bonnet capricieusement tuyauté sur la tête des petites modistes ou grisettes au nez fûté de Parisienne, aux yeux éveillés et railleurs; c'est d'ailleurs la coiffure légère qu'elles font si légèrement voltiger métaphoriquement par-dessus les plus hauts moulins, mais ensuite le bonnet des grisettes devient la coiffure sans grâce de grosses boutiquières, enfin, chute complète, le bonnet devient portière...

Bonnet d'intérieur.

Vive, légère, enjouée, dans l'ondulation de ses larges jupes et le flou de ses monumentales manches à gigot, l'élégante de 1830 s'en va éblouir les boudoirs de la chaussée d'Antin et les promenades fashionables, les Champs-Élysées ou Longchamps et faire palpiter le cœur des dandys engoncés dans leurs hauts collets d'habits. Sous son grand chapeau hérissé de touffes de plumes et de rubans, elle disparaît quand elle veut, un simple mouvement du cou et la voilà dissimulée au fond de cette coiffure de strict incognito.

Elle galope aussi au bois de Boulogne dans son amazone de couleur à manches à gigot, ornée de torsades ou de brandebourgs, ou bien égayée par un blanc canezou...

Plus tard par malheur, elle osera porter, à la campagne pour ses promenades équestres, à la place de son large chapeau à grand voile voltigeant, la casquette, la hideuse casquette, honte du XIXe siècle.