TOILETTES D'INTÉRIEUR 1830.

Hélas, hélas, ces modes d'une si jolie désinvolture, ces modes à panaches, d'une élégance truculente, pour employer l'idiome d'alors, ces modes passent. La réaction bourgeoise anti-pittoresque, qui commence dans les arts, triomphe bien plus rapidement dans les toilettes. Au bout de quelques années, les modes se sont assagies, faut-il dire le gros mot? Dès 1835 ou 36, la mode, l'ex-mode poétique, romantique, cavalière, se fait juste milieu et épicière, épouse de garde national, pour tout dire!

Grand Chapeau et Collerette.

La mode en 1835 a déjà perdu ses grâces et tourné à la gaucherie en exagérant disgracieusement les caractéristiques de 1830. Ce ne sont plus les femmes de Devéria et de Gavarni, ce sont celles de Grandville.

Les jupes sont larges comme des cloches et sans ornements, en simple mousseline blanche ou imprimée de petits dessins bébêtes comme ceux des papiers de tenture de l'époque. Les manches sont d'énormes gigots boursouflés mais flasques qui pendent très bas, très bas, sur de tout petits poignets; les corsages sont recouverts d'immenses pèlerines ornées de broderies et dentelles, tombant plus bas que la taille. Mettez sur la tête un grand chapeau de paille d'Italie ou de paille de riz, fermé et bridé sous le menton, et vraiment l'ensemble n'est pas très séduisant.