«C’est maistre Jehan Ravy qui fut masson de Notre-Dame par l’espace de XXVI ans et commença ces nouvelles hystoires; et maistre Jehan le Bouteillier son neveu les a parfaictes en l’an MCCCLI.»
Le maître-autel était cantonné de quatre fines colonnettes de cuivre surmontées d’anges portant les instruments de la Passion; sur des tringles, entre ces colonnettes, glissaient des courtines entourant l’autel sur trois côtés. En arrière de la table de l’autel, un édicule élevé, tout en cuivre doré, à quatre frontons trilobés surmontés d’une haute croix, renfermait la châsse de saint Marcel, d’argent doré, «enrichie d’une infinité de grosses perles et de pierres précieuses». De chaque côté du maître-autel, derrière les courtines, se trouvaient deux autels plus petits supportant l’un la châsse de Notre-Dame en argent doré, l’autre la châsse de bois et d’argent doré de saint Lucain et plusieurs autres plus petits reliquaires.
BERGES DE LA CITÉ ENTRE LE PONT NOTRE-DAME ET LE PONT AU CHANGE (QUAI DE LA PELLETERIE)
D’APRÈS UN DESSIN DE LA FIN DU XVIIe SIÈCLE
Derrière ou sur les côtés du maître-autel existaient encore d’autres monuments, la tombe de l’évêque Odon ou Eudes de Sully mort en 1208, avec statue de bronze couchée sur son soubassement haut d’un pied environ, la pierre tombale à effigie de marbre noir de l’évêque Pierre d’Orgemont, mort en 1409, les pierres tombales de la reine Isabelle de Hainaut, femme de Philippe-Auguste, de Geoffroy duc de Bretagne, d’un comte de Champagne et de plusieurs évêques; à droite du maître-autel contre un des gros piliers se dressait sur une colonne de pierre la statue de Philippe-Auguste, en pierre peinte enrichie d’incrustations de pâtes coloriées.
LA BERGE DE LA CITÉ ENTRE LE PONT NOTRE-DAME ET LE PONT AU CHANGE (QUAI DE LA PELLETERIE) (SUITE)
A la fin du règne de Louis XIV, de 1699 à 1714, pour l’exécution du vœu de Louis XIII, on bouleversa le superbe et majestueux chœur du moyen âge. Tout fut transformé, déguisé ou enlevé, tous les monuments du sanctuaire disparurent. Plus de piliers gothiques, plus d’arcatures ogivales, mais de grands arcs classiques surmontés de Vertus et d’Anges aux archivoltes, des pilastres bien rectangulaires surchargés de trophées plaqués sur les gros piliers gothiques.
Sur le maître-autel pompeux et contourné chargé de personnages, grands anges en adoration, petits angelots sur des nuages, le groupe de la Descente de croix, la Vierge ayant le corps du Christ sur les genoux, remplissait le fond d’une des arcades formant niche. Au-dessus d’autres anges voltigeaient dans les rayons dorés d’une grande gloire.
De chaque côté de l’autel deux statues royales sur des piédestaux également surchargés: à droite Louis XIII agenouillé offrant sa couronne à la Vierge, de l’autre Louis XIV en manteau royal également agenouillé.