Au droit de chaque pilier de l’abside d’autres grandes figures d’anges ailés complétaient cette décoration théâtrale et redondante, qui excita des transports d’admiration quand, après quinze ans de travaux, on rouvrit le chœur pour un Te Deum chanté à l’occasion de la paix de Radstadt. L’œuvre avait été exécutée sur les dessins de Robert de Cotte. Nicolas et Guillaume Coustou avec Coysevox avaient sculpté les figures principales, Louis XIII et Louis XIV, la Descente de croix; le reste était dû à d’autres artistes non moins fameux.

Aucun regret ne fut donné, à cette époque d’aberration artistique, à l’ancien chœur si majestueux, à l’ancienne clôture historiée barbarement démolie tout autour de l’abside, et dont on ne garda que la partie contre laquelle s’adossèrent les nouvelles stalles des chanoines, refaites dans le style du temps, beaux morceaux de menuiserie sculptée certainement, mais qui remplaçaient d’autres boiseries pour le moins aussi bien exécutées, d’aspect plus religieux et assurément très supérieures comme style.

Par les débris de la clôture sculptée des XIIIe et XIVe siècles qui subsistent, on peut juger de ce qu’avait dû être l’ensemble. Il reste du côté nord quatorze sujets de la vie du Christ. Cette partie de la clôture adossée aux stalles ne formait pas claire-voie, les épisodes se déroulent sous des arcatures trilobées reposant sur de fines colonnettes reliées de l’une à l’autre par des sculptures diverses, de beaux feuillages, des ornements fantastiques. La partie sud, moins ancienne que l’autre et due à Jehan le Bouteillier, terminée en 1351, présente encore neuf sujets de la vie du Christ.

Des évêques, des chanoines avaient par des générosités aidé à l’enrichissement de ce chœur magnifique, et ils avaient en récompense obtenu de reposer sous les dalles au pied de quelque pilier du chœur; leurs effigies, leurs pierres tombales ont disparu, enlevées par les vandales du grand siècle, en même temps que toutes les statues du chœur, la statue de Philippe-Auguste, le maître-autel gothique et la clôture historiée.

Le jubé vécut encore une dizaine d’années après l’exécution du vœu de Louis XIII; le cardinal de Noailles, archevêque de Paris, qui fut un très saint homme et un très vénérable prêtre, mais qui ne concevait certainement pas Dieu sans perruque à la Louis XIV, acheva l’œuvre en 1725, en jetant bas ce jubé pour le remplacer par une lourde décoration plaquée de colonnes à l’antique.

D’autres vandales devaient survenir plus tard, qui mutilèrent à leur tour l’œuvre fastueuse et emphatique du vœu de Louis XIII, mais ces mutilations ont été en grande partie réparées, les statues enlevées rapportées pour la plupart et les stalles de ce temps sont encore en place.

Revenons aux grandes journées de Notre-Dame. Le 11 mai 1625, célébration du mariage d’Henriette de France, troisième sœur de Louis XIII, avec le futur Charles Ier d’Angleterre, alors prince de Galles, représenté par procuration par le duc de Chevreuse.

Le 6 septembre 1638 fut chanté le Te Deum solennel d’actions de grâces pour la naissance inespérée du Dauphin Louis, futur Louis le Grand.

Te Deum pour la prise de Turin, pour Casal et Perpignan. Te Deum ensuite pour la victoire de Condé, au commencement du nouveau règne, pour Rocroy, pour Lens.

On sait que les troubles de la Fronde commencèrent le jour de ce Te Deum, quand la reine et Mazarin crurent pouvoir profiter de cette journée pour arrêter Broussel.