Des maisons bâties dans la rivière sur de gros piliers de pierres masquaient en partie la troisième arche. A côté de ces maisons se trouvait la Halle aux poissons à l’angle du Marché-Neuf. M. Ad. Berty a retrouvé les enseignes des maisons du pont au XVe siècle, il y avait le Croissant, le Bras d’Or, les Quatre Vents, la Licorne, l’Empereur, l’Image Saint-Martin, l’Hercule, la Corne du Cerf, la Fleur de Lys, etc...
L’EMPEREUR D’ALLEMAGNE CHARLES IV ALLANT VISITER LE ROI A L’HÔTEL SAINT-PAUL
Imp. Draeger & Lesieur, Paris
Ces maisons furent reconstruites en 1552, mais non plus irrégulières, toutes semblables au contraire. Le pont, bien des fois secoué et endommagé par les inondations, traversa ainsi quelques siècles; il vieillissait, réparé souvent, tenant bon malgré tout contre les assauts des débâcles d’hiver. Il était destiné à périr par le feu dans les premières années du XVIIIe siècle.
LE PONT SAINT-MICHEL EMPORTÉ PAR LES GLACES, 1616
Imp. Draeger & Lesieur, Paris
C’était le 25 avril 1718: une femme dont le fils s’était noyé en amont du pont de la Tournelle faisait vainement chercher le corps de son enfant. En désespoir de cause, elle eut recours à une très ancienne pratique superstitieuse, que l’on croyait infaillible dans ces cas-là. Une chandelle bénite plantée tout allumée dans un pain de saint Nicolas de Tolentin, et lancée au fil de l’eau sur une sébile de bois, devait infailliblement s’arrêter à l’endroit du fleuve où se trouvait le cadavre du noyé. La sébile et le cierge flottèrent quelque temps sur la rivière, passèrent le pont de la Tournelle, puis furent portés vers un bateau de foin amarré au pont de la Tournelle.
LE PONT NOTRE-DAME AU XVIIe SIÈCLE
Le foin prit feu; en quelques minutes le bateau enflammé communiqua l’incendie à un second bateau son voisin. Péril imminent pour le port au bois et au foin, tout près. Il y avait des piles de bois sur la rive, des barques de charbon et de foin, nombreuses et serrées. Les mariniers du port, pour préserver leurs bateaux menacés, n’eurent pas la présence d’esprit de conduire les bateaux incendiés au milieu de la Seine pour les laisser brûler, ils coupèrent tout simplement les amarres et les laissèrent aller.