LA POINTE DE l’ILE, LA MAISON DES ÉTUVES ET LE PALAIS DE LA CITÉ AU XVe SIÈCLE
Philippe-Auguste n’habite pas sa forteresse du Louvre, il continue à loger au vieux Palais de la Cité, fort agréable par sa position à la pointe ouest de l’île et embrassant de ses fenêtres tout le cours de la rivière, étincelante aux soleils d’après midi. Saint Louis et tous les rois vont habiter encore ce palais jusqu’à ce que Charles V l’abandonne pour l’hôtel Saint-Paul. Alors la royauté sortira de la Cité, de la vieille Lutèce, et s’en ira de Saint-Paul aux Tournelles, des Tournelles au Louvre, aux Tuileries et à Versailles.
En ces années des XIIe et XIIIe siècles, le Vaisseau de Lutèce,—pendant qu’autour de lui, dans les marais et les prés des deux rives, sur les décombres laissés par les Normands, poussaient drus et serrés les monuments et les maisons, églises et abbayes, tours et hôtels, grands ou petits logis,—l’île de la Cité se transformait aussi. C’est alors que durent tomber ses vieilles murailles aux pieds trempés par la Seine, les vieux remparts qui, restaurés ou refaits maintes fois, avaient supporté les luttes de dix siècles, et dans le grand siège, résisté à toutes les attaques des Normands. Il n’en était plus besoin, les tours du Palais seules restèrent, à la fois ornement et défense à la pointe de l’île.
INONDATION EN GRÈVE (Pointe de la Cité)
Imp. Draeger & Lesieur, Paris
Alors venait de naître le grand style ogival, superbe développement du style roman; alors à la pointe orientale et à la pointe occidentale de l’île, à la proue et à la poupe du vaisseau, des armées de travailleurs bâtissaient pour Dieu et pour le roi,—le nouveau Palais avec sa grande salle, ses tours et sa merveilleuse Sainte-Chapelle, et la nouvelle cathédrale Notre-Dame, le splendide vaisseau patiemment pensé, élevé, sculpté, fouillé et ciselé par les cerveaux et les bras, les âmes et les outils.
LA PLACE DU CHATELET EN 1830