L’ARC DE NAZARETH AU PALAIS
(RÉÉDIFIÉ A CARNAVALET)
Ceci se passait en 1537; trois ans après, en 1540, la paix étant faite, cet empereur inutilement cité à comparoir fit pourtant sa visite au Parlement, mais ce fut en souverain ami, reçu avec force cérémonies, arcs triomphaux, décorations de fleurs, draperies et tapisseries, riches présents et belles harangues. L’empereur traversait Paris pour aller rétablir son autorité sur les Gantois révoltés.
Il fit son entrée le 1er janvier en grand cérémonial par l’abbaye et la porte Saint-Antoine, accompagné par l’université, des délégations des corporations, les prévôts et le corps de ville, le Parlement, les grands officiers de la couronne, les gentilshommes de la maison royale et les princes, sous l’escorte des lansquenets suisses marchant enseignes déployées.
Le Parlement s’était assemblé dans la cour du may d’où il était parti à cheval pour recevoir l’empereur, les présidents en robes et manteaux d’écarlate, coiffés du chapeau de velours brodé d’or, les conseillers en robes écarlates et chaperons. Les présidents furent admis à faire leur compliment à l’empereur, après quoi tous prirent leur place dans le cortège.
En route on eut le divertissement des mystères joués sur des échafauds dressés aux Tournelles, à la porte Baudoyer et ailleurs, pendant qu’incessamment tonnait le canon de la Bastille. Charles-Quint fit une station en l’église Notre-Dame où l’on chanta un Te Deum, puis se dirigea vers le Palais où François Ier, entouré d’une cour brillante, le reçut en bas du grand perron.
A la Grande salle l’attendait le festin traditionnel à la Table de marbre, après quoi la reine Marguerite, fille du roi, arriva avec les princesses, pour terminer la fête par danses et divertissements. A l’occasion de son entrée Charles-Quint, de par l’antique privilège des souverains, délivra des prisonniers de la Conciergerie, fort probablement des gens choisis, retenus seulement pour affaires de peu d’importance.
ANCIEN HÔTEL DU PREMIER PRÉSIDENT (PRÉFECTURE DE POLICE, 1840)
En ces temps venait de s’allumer la grande querelle religieuse qui devait gorger ce siècle d’horreurs et de sang, et pendant si longtemps partager le pays en deux camps ennemis aux passions surexcitées. Les premiers troubles avaient commencé, et Paris venait d’assister à quelques premiers brûlements d’hérétiques. On avait jeté au bûcher d’abord des livres, on commençait à y envoyer des hommes.