Revenons aux échoppes et au commerce du Palais. A l’intérieur comme à l’extérieur, comme dans les cours, les boutiques se pressaient dans la grande salle tout le long des galeries, utilisant tous les coins, tous les passages, même les plus étroits.

Le livre de Gilles Corrozet, le premier historiographe parisien: La fleur des Antiquitez, Singularitez et Excellences de la plusque noble et triomphante ville et cité de Paris, se vendait «au premier pillier en la grant salle du Palais» chez Denis Janot, en 1532, de qui plus tard Corrozet lui-même, devenu le gendre de son éditeur, reprit la «boutique».

Les boutiques étaient surtout serrées dans la galerie Marchande ou des Merciers, centre du Palais bruyant et affairé, où elles formaient deux rangées entre lesquelles la circulation devenait difficile. Le Paris élégant flânait aux étalages où chaque boutiquier appelait les chalands et s’efforçait d’attirer leur attention en vantant ses marchandises. Les jolies mercières du Palais ont aux XVIIe et XVIIIe siècles une réputation de coquetterie bien méritée, car pour faire connaître les modes nouvelles elles se parent de superbes dentelles, des grands collets montés ou rabattus, des grandes manchettes des élégantes et «galantisent» sur les coiffures.

Il en était encore de même avant la Révolution; Mercier, qui a vu la fin du Palais d’autrefois, appuie sur le contraste des robes noires des légistes voisinant avec les coquetteries et les futilités des boutiques de la galerie, sur cette opposition violente des minois souriants des marchandes avec les grimaces disgracieuses des vieux procureurs, qu’il traite de sangsues, et de tous les suppôts de la chicane sur lesquels il semble être de l’avis de Louis XII, qui disait avec toute l’irrévérence qu’un roi pouvait se permettre: «La plus laide bête à voir passer, c’est un chicanous chargé de ses sacs.»

LE CORBILLARD, COCHE D’EAU DE CORBEIL

L’ENTRÉE DE LA PLACE DAUPHINE. ÉTAT ACTUEL
CHAPITRE VIII
LE PARLEMENT DE LA FRONDE

Malaise intérieur général.—Premières protestations du Parlement.—Mazarin et la Cour.—L’enlèvement de Broussel, les barricades.—M. le Coadjuteur.—Marche du Parlement à travers l’émeute.—La guerre de la Fronde.—Princes et ducs.—La cavalerie des portes cochères et le régiment de Corinthe.—Jeune Fronde et vieille Fronde.—Le Palais champ de bataille.—Le combat du faubourg Saint-Antoine.—Émeute de la paille.—Massacre de magistrats et conseillers à l’hôtel de ville.—Louis XIV.—Docilité du Parlement.—Les difficultés de la Régence.—Incendie de la cour des Comptes.—Orages parlementaires du XVIIIe siècle.