—Connétable, comment vous sentez-vous? demanda le roi se penchant sur ce corps tout sanglant qui remuait encore.

—Cher sire, petitement et faiblement, murmura le connétable.

—Qui vous a mis en cet état?

—Sire, c’est Pierre de Craon, traîtreusement...

—Connétable! je le jure, jamais chose ne sera si bien et si fort vengée! Or tôt, aux médecins et surgiens d’abord!...

Déjà les médecins de l’hôtel Saint-Paul accouraient. Ils examinèrent longuement et pansèrent les blessures dont le connétable était navré par tout le corps. Par chance miraculeuse, aucune n’était mortelle, le grand nom de Clisson, jeté subitement aux assassins, avait pour ainsi dire amolli leurs bras; néanmoins le connétable eût été achevé sous les pieds des chevaux, si la porte du boulanger ne s’était ouverte quand il tomba sous le grand coup porté par Craon.

—Dans quinze jours, dirent les médecins au roi bien heureux, nous vous le rendrons chevauchant!

UN COIN DE LA COUR DE L’HÔTEL DE MAYENNE-D’ORMESSON RUE SAINT-ANTOINE

On sait comment Craon ne fut pas rattrapé par le prévôt de Paris lancé sur ses traces, comment n’estimant point le château de Sablé asile assez sûr quand il apprit que le connétable n’était pas mort, il se réfugia près du duc de Bretagne, comment, la guerre ayant été déclarée à ce duc, Clisson guéri et le roi déjà malade, s’obstinant malgré sa faiblesse, menèrent l’armée vers la Bretagne, et comment se déclara dans la forêt du Mans la folie de Charles IV.