Tous les poètes de l’hôtel de Rambouillet,—et tout ce qui rimait ou rimaillait dans Paris aspirait à faire partie du Parnasse de la belle Julie d’Angennes,—se

LES BOULEVARDS DE PARIS SOUS LE PREMIER EMPIRE

Imp. Draeger & Lesieur, Paris

réunirent pour composer la fameuse Guirlande de Julie, recueil de superbes miniatures et de madrigaux dont le manuscrit admirablement exécuté, offert par le duc de Montausier, valut enfin à celui-ci la main de l’idole après laquelle il soupirait depuis tant d’années.

PORTE DE L’HÔTEL DE CHALONS-LUXEMBOURG, RUE GEOFFROY-L’ASNIER

Ces précieuses habituées de la célèbre ruelle de Rambouillet et les autres alcovistes se retrouvaient aux ruelles littéraires de notre quartier du Marais, lesquelles bien qu’éclipsées par la triomphante réunion rivale n’en ont pas moins brillé aussi et réuni les mêmes personnages de qualité, les mêmes poètes ou beaux esprits.

La marquise de Sablé et la comtesse de Maure, ces deux inséparables précieuses demeurant porte à porte sous les arcades, passaient leur vie ensemble, excepté lorsque le moindre «mauvais air» courait dans Paris, la plus petite grippe, car elles étaient horriblement peureuses, et elles se calfeutraient alors dans leurs appartements, s’écrivant l’une à l’autre billet sur billet, faute de pouvoir causer.