D’autres hôpitaux encore se rencontrent en divers quartiers: hôpital Saint-Eustache, Saint-Jacques de l’Hôpital, le petit Saint-Antoine; ce dernier, hospice fondé par Charles V, est affecté aux pauvres atteints de ces maladies étranges qu’on appelait le feu Sacré, le feu Saint-Antoine ou le mal des Ardents, espèce de peste qui régna épidémiquement jusque vers la fin du XVᵉ siècle.

L’hôpital des Ardents se distinguait par une particularité pittoresque; il avait pour privilège spécial le droit de laisser vaguer par les rues, cherchant leur nourriture aux tas d’ordures, des cochons portant la marque du couvent et une clochette au cou. L’animal consacré à saint Antoine errait dans le quartier en toute liberté, sans que nul s’en offusquât ou cherchât à l’empêcher de rentrer au gîte une fois repu.

Ce vieux Paris, qui abonde en pittoresque et en singularités, put montrer pendant les deux derniers siècles une communauté très singulière qui n’était pas un couvent, des frères qui n’étaient que des demi-moines; c’était la communauté des frères cordonniers de Saint-Crépin, établie en deux maisons, rue de la Grande-Truanderie et rue Pavée-Saint-André. Les frères cordonniers ne faisaient pas de vœux monastiques, ils ne portaient pas de froc, mais vivant en commun, ils tiraient l’alène dévotement entre les offices et, il faut le croire, confectionnaient, en l’honneur de leur patron, d’excellentes chaussures. Le plan de Gomboust indique leur chapelle en cette rue Pavée-Saint-André, dite aussi rue Pavée-d’Andouilles à cause de ses éleveurs de porcs.

A la même époque il y eut aussi des frères tailleurs vivant, priant et travaillant en commun ainsi que les bons disciples de saint Crépin.

LE COUVENT DU PETIT SAINT-ANTOINE

DERNIÈRE STATION AUX FILLES-DIEU DES CONDAMNÉS ALLANT A MONTFAUCON

Imp. Draeger & Lesieur, Paris