L’ÉCHOPPE DE NICOLAS FLAMEL, MAITRE ÉCRIVAIN ENLUMINEUR A SAINT-JACQUES LA BOUCHERIE

III

UN PIGNON DE SAINT-MERRY

Les églises de la rive droite.—Paroisses royales de Saint-Germain l’Auxerrois et Saint-Paul.—Au temps de la Ligue.—Saint-Eustache.—La Jussienne.—Les paroissiens de Saint-Jacques la Boucherie, écorcheurs et enlumineurs.—Les maisons de Nicolas Flamel.—Saint-Merry.—Saint-Julien des Ménétriers.—La loue des jongleurs, ménestrels et musiciens.—Saint-Gervais.

SI le Paris de la rive droite n’a pas de collèges, s’il a moins de couvents que le Paris de la rive gauche, il possède par contre de nombreuses églises.

Il est peu de rues importantes qui ne se glorifient de plusieurs clochers espacés, peu de voies secondaires qui ne possèdent au moins une église, et il se trouve des édifices religieux jusque dans les quartiers retirés, où mènent seulement des ruelles détournées, et que l’étranger non prévenu ne découvrirait pas. Presque toutes ces églises sont entourées de leur cimetière ou bien, si l’espace leur a été marchandé, elles enterrent leurs paroissiens à peu de distance, dans quelque terrain bien enfermé de maisons.

De même qu’il y a des églises de toutes les tailles, depuis la majestueuse cathédrale jusqu’à l’humble petite chapelle, il est des paroisses de toutes les grandeurs. Les unes étendent leur juridiction religieuse sur tout un quartier, sur une immense agglomération de maisons, les autres sur quelques rues ou ruelles. Quelques-unes doivent se contenter de moins encore et la plus petite, Sainte-Marine dans la Cité, n’a pour territoire qu’une vingtaine de maisons.

Près les tours du Louvre et séparée seulement de la demeure royale par l’hôtel de Bourbon, s’élève la plus ancienne des églises de la rive droite, la plus glorieuse par ses souvenirs. L’église collégiale Saint-Germain l’Auxerrois, paroisse royale, est née au temps des Mérovingiens; fondée par Childebert, dit la tradition, elle s’appelait alors Saint-Germain le Rond pour sa forme circulaire.