Revirements successifs dans la pensée et le langage d'Alexandre.-- L'autocrate de Russie et les journaux français.--Mémoire du prince Adam Czartoryski. --Rentrée en scène de Pozzo di Borgo.--Efforts de Caulaincourt pour réaliser la conquête mondaine de la Russie; il sollicite des renforts.--Voyage d'exploration à Moscou.--L'ambassadeur travaille à s'attirer de plus en plus l'estime et la confiance d'Alexandre.--Il donne des conseils stratégiques.--Blâme de Napoléon.--Belle réponse de Caulaincourt.--Napoléon continue à agir sur Alexandre par le sentiment.--Lettre de condoléance.-- Explications données au sujet de l'Espagne; les événements de Bayonne commentés par Napoléon lui-même.--Plaidoyer du 8 juillet.--Les affaires d'Espagne mettent l'alliance à une nouvelle épreuve.--Alexandre dissimule ses sentiments, approuve et flatte Napoléon.--Il espère hâter par ce moyen le règlement de la question orientale.--Napoléon rompt le silence, mais se dérobe encore à tout engagement compromettant: il désire l'entrevue sans conditions.--Lassitude et énervement d'Alexandre.--Il accepte l'entrevue sans conditions.-- Dernière discussion au sujet de Constantinople et des Dardanelles.--Se croyant assuré de l'Espagne, Napoléon revient à ses projets sur l'Orient et les Indes: développement gigantesque qu'il compte leur donner.--Les flottes de Brest et de Lorient.--La nouvelle expédition d'Égypte.--Observations de Decrès.--Napoléon comparé à Dieu.--Activité surhumaine et innombrables préparatifs.--Annonce d'extraordinaires événements.--Tandis que Napoléon se croit sur le point d'arracher la paix à l'Angleterre par un ensemble d'opérations accablantes, l'Espagne se soulève et donne à l'Europe le signal de la révolte.
ESPAGNE ET AUTRICHE.
Napoléon comprend tardivement la gravité de l'insurrection espagnole; il suspend jusqu'au 15 juillet les préparatifs d'expéditions lointaines.--Effet produit à Vienne par les événements de Bayonne; mesures de salut public, mobilisation générale; l'Autriche en armes.--Napoléon ne veut pas la guerre avec l'Autriche et cherche à l'éviter.--Rôle qu'il réserve à la Russie.--Jeu caressant d'Alexandre.--Ses premières paroles au sujet de l'Autriche.--L'archiduc Charles et la couronne d'Espagne.--La Russie reconnaît le roi Joseph.-- Situation incertaine de la péninsule.--Napoléon ne renonce pas tout à fait à ses projets sur l'Orient et les Indes; instructions pour la Perse; travail demandé au bibliothécaire Barbier.--Les traces des légions romaines sur l'Euphrate.--Bataille de Medina de Rio-Seco; importance que Napoléon attribue à cette victoire.--Capitulation de Baylen.--Immense gravité de ce désastre; toutes les combinaisons de l'Empereur anéanties.--Courroux et chagrin qu'il en éprouve.--Sa brusque évolution.--Il prend le parti d'évacuer la Prusse et présente cette mesure comme une satisfaction donnée à la Russie.--Comment il s'y prend pour annoncer au Tsar la catastrophe de Baylen.--Les deux courriers de Rochefort.--Convenance de l'attitude observée par Alexandre.--Les recrues russes et les soldats de Dupont.--Le Tsar ne veut point menacer l'Autriche et se borne à de discrets avertissements; raisons de sa conduite.--Ses paroles et ses actes.--Nouvelle révolution à Constantinople: meurtre de Sélim: le vizir Baïractar.--Alexandre fixe la date de l'entrevue.--Il redouble ses cajoleries.--Raideur de Tolstoï.--Paroles de Napoléon à la chasse.--Les neiges du Nord et le beau climat de France.-- Alexandre dresse le bilan de l'alliance franco-russe.--Convention du 8 septembre avec la Prusse.--Alexandre réclame la libération totale de ce royaume et le partage de la Turquie.--Lettre tendre et pressante à Napoléon.--Points sur lesquels portera la discussion à Erfurt.
ERFURT.
[I.--Les intentions de l'Empereur.]--Avant de se tourner vers l'Espagne et de choisir ses moyens d'entente avec la Russie, Napoléon veut pénétrer l'Autriche.--La réception diplomatique du 15 août 1808.--Promesses de l'Autriche.-- Seconde conversation avec Metternich.--Fêtes guerrières.--Message au Sénat.--Napoléon apprend que la date de l'entrevue est fixée.--Il veut paraître à Erfurt dans le plus imposant appareil, y réunir des moyens de séduction variés, éblouir et charmer Alexandre.--Conversations avec Talleyrand: attitude prise par ce dernier.--Travail demandé à M. d'Hauterive.-- Conférences avec M. Sébastiani.--Napoléon recule indéfiniment le partage et espère satisfaire la Russie par la simple promesse des Principautés.-- Caractère de l'accord qu'il veut conclure à Erfurt.--Talleyrand essaye d'attirer l'empereur d'Autriche à l'entrevue.--Départ de Napoléon et de ses ministres.--Projet de partage rédigé par M. d'Hauterive et lettre d'envoi à Talleyrand.
[II.--La rencontre.]--Départ d'Alexandre malgré les frayeurs de sa mère.--Sa manière de voyager.--Spéranski.--Passage à Koenigsberg.--L'empereur Alexandre et la comtesse Voss.--Le baron de Stein.--Napoléon fait communiquer au Tsar une lettre interceptée de ce ministre.--Le maréchal Lannes envoyé au-devant de l'empereur Alexandre: l'armée française en Allemagne. --Aspect d'Erfurt: une ville transformée.--Préparatifs magnifiques, affluence d'étrangers, mesures de précaution, police secrète.--Les rois de Bavière, de Saxe et de Wurtemberg; lettre éplorée du premier.--Arrivée en masse des princes allemands: leur attitude obséquieuse et servile.--Leurs suppliques.--Apparition de Napoléon.--Rencontre avec l'empereur Alexandre et entrée solennelle; spectacle incomparable.--Principaux personnages réunis à Erfurt: leur attitude extérieure et leurs sentiments intimes.--Le baron de Vincent.--Talleyrand.--Sa défection.--Il veut négocier sa paix particulière avec l'Europe: action qu'il exerce sur le Tsar.--Alexandre Ier.--Napoléon.-- Conversation significative de l'Empereur sur les affaires d'Espagne: il prépare un grand effort pour ressaisir Alexandre.
[III.--La discussion.]--On effleure toutes les questions.--La Prusse: exigence préalable de Napoléon.--La Pologne: promesse que le grand-duché sera évacué et ne sera pas réoccupé.--Le partage de l'Orient ajourné.-- Alexandre se contente des Principautés; travail qui s'est opéré dans son esprit.-- Démonstration à tenter auprès de l'Angleterre.--Courrier de Vienne.--L'Autriche refuse de reconnaître les rois créés par Napoléon: influence considérable de cette décision sur la marche des conférences.--L'Autriche devient l'objet principal de la discussion--Demandes de Napoléon et résistance d'Alexandre.--Erreur d'Alexandre et de Talleyrand sur les dispositions réelles de la cour de Vienne.--Scène vive entre les deux empereurs.--Alexandre se refuse à toute démarche comminatoire envers l'Autriche.--Napoléon déclare qu'il gardera les places prussiennes.--Aigre discussion.--Un accord incomplet s'opère à grand'peine.--Concorde apparente des deux souverains: splendeurs d'Erfurt.--Un mot célèbre.--L'intermède de Weimar.
[IV.--L'excursion de Weimar et le séjour d'Erfurt.]--Chasse dans la forêt d'Ettersberg.--La cour de Weimar.--La table des souverains.--Quand j'étais lieutenant d'artillerie.--Napoléon pendant le spectacle.-- Wieland amené d'autorité au bal.--Conversation avec Gœthe et Wieland: but politique de Napoléon.--Visite au champ de bataille d'Iéna.--Le mont Napoléon.-- Leçon d'art militaire.--Vie des deux monarques à Erfurt.--Le déjeuner de l'Empereur; une cour de beaux esprits.--L'après-midi: promenades, visites aux troupes.--Ravissement du grand-duc: ce qu'il rapporte d'Erfurt.-- Le vivat du couronnement.--Vision de Paris transformé.--Rapports avec Spéranski.--L'épée de Napoléon au musée de Saint-Pétersbourg.-- Occupations de la soirée.--La Comédie française et l'alliance russe.--Fugue de mademoiselle Georges à Saint-Pétersbourg; rôle intime qu'on lui ménage auprès d'Alexandre; ses débuts.--Pièces représentées à Erfurt.--Peu de goût des Russes pour la tragédie.--Après le spectacle.--Les salons d'Erfurt; la présidente de Recke et la princesse de la Tour et Taxis.--Épanchements intimes entre Napoléon et Alexandre.