De 1506 à 1520, il ne sortit guère de son atelier.
En 1520, il fit dans les Pays-Bas le célèbre voyage dont nous publions ici in extenso la relation.
A son retour en Allemagne, Albert Dürer reprit sa vie de travail presque en tête-à-tête avec son acariâtre épouse, car la mégère avait réussi à faire le vide autour de lui; mais une telle existence ne pouvait être longue. Le 6 avril 1528, le pauvre grand homme mourut d'épuisement et de chagrin, dans toute la force de son talent, à l'âge de 57 ans, sans enfants, laissant ses objets d'art à son frère André et sa fortune à sa femme, que ses compatriotes auraient tant voulu voir déshériter.
La mort d'Albert Dürer affligea sérieusement ses nombreux amis.
Nous avons cité des fragments de lettres, citons aussi quelques mots d'Érasme, qui était lié avec lui, mais qui était avant tout philosophe:
Quid attinet Dureri mortem deplorare, quum simus mortales omnes? Epitaphium illi paratum est in libello meo.
A quoi bon pleurer la mort d'Albert Dürer, puisque nous sommes tous mortels? Je lui ai fait une épitaphe dans mon petit livre.
Avons-nous besoin de dire à ceux qui connaissent le cœur humain qu'Albert Dürer était admiré plus par les princes[ [9] que par ses égaux,—par les étrangers que par ses compatriotes, prouvant ainsi une fois encore l'éternelle vérité du proverbe: Nul n'est prophète en son pays.
Voici deux lettres qui attestent suffisamment ce que j'avance: