Nous exécutons tant bien que mal cette manœuvre en réunissant tous nos efforts.

Ceux qui sont sur la côte, nous voyant lutter énergiquement contre la mort, se décident à venir à notre aide et nous réussissons à reprendre terre.

Middelbourg est une bonne cité qui a une jolie maison de ville et une superbe tour; tout cela est fait avec art. Dans l'abbaye, il y a un jubé remarquable et un imposant portique en pierre. L'église paroissiale est très-belle; si j'y retourne jamais, je prendrai un croquis de cette charmante ville.

La Zélande est du reste un pays bien curieux, le niveau de la mer y dépasse la plaine.

A Ernig, je fais le portrait d'un aubergiste.

Maître Hugo, Alexandre Imhoff et Frédéric, le serviteur des Hierchvogel, me donnent chacune une poule indienne qu'ils ont gagnée au jeu, et l'aubergiste me fait cadeau d'un bel oignon.

Le matin, nous repartons avec le bateau, nous arrivons bientôt à Terveer et ensuite à Ziericzée, où j'aurais voulu admirer la baleine, mais la marée l'avait emportée. Je donne deux florins pour des plumes, deux florins pour un manteau, quatre sous pour une cage et trois sous à celui qui me l'a apportée; je perds six sous au jeu et je repars pour Bergen. Je peins l'aubergiste Arden et Schnabhann. Je donne dix sous pour un peigne en ivoire, deux florins moins cinq sous pour une plaque d'étain ordinaire. Je fais les portraits du jeune Bernhard de Bresles, de Georges Kotzler et de François de Cambrai. Chacun me paye un florin. J'oubliais Jean de Has-Eiden, à qui je rends le même service et qui me donne aussi un florin. J'achète encore deux plaques d'étain pour quatre florins moins dix sous et peins Nicolas Soilir.

Voilà neuf fois depuis mon départ de Zélande que je dîne à Bergen, chaque fois à raison de quatre sous. Je donne trois sous au voiturier, et le vendredi après la Sainte-Lucie j'arrive à Anvers, chez Joost Planckfeld. Je dîne avec ma femme chez mon hôte et je paye la dépense.

Le seigneur Lazare de Ravensberg me donne en retour des trois livres dont je lui ai fait présent autrefois quelques curiosités d'histoire naturelle. Je change une couronne. Le facteur de Portugal m'envoie un sac de velours brun et une boîte treillagée.

J'achète plusieurs petites guenons (Mehrkätzlein) pour quatre florins d'or, cinq poissons pour quatorze sous et un petit traité de deux sous. Je donne à Lazare de Ravensberg un portrait peint sur panneau qui m'a coûté six sous, huit pièces de grandes gravures sur cuivre et une Passion sur bois, le tout valant plus de quatre florins. Je fais changer un florin de Philippe; j'achète pour six sous un panneau, j'esquisse le portrait du domestique de l'agent de Portugal et je le lui donne comme cadeau de nouvel an avec deux sous de pourboire. J'offre à Bernard Stecher tout mon œuvre gravé sur cuivre. J'achète pour trente et un sous de bois. Je fais le portrait de Gerhard Pombelli et celui de la fille du procureur Sébastien. Je donne à Wolff de Rogendorff une Passion sur cuivre et une autre sur bois. Gerhard Pombelli m'envoie un mouchoir turc à dessins, et Wolff de Rogendorff, sept aunes brabançonnes de velours. Je donne un florin de Philippe à son domestique. Je dîne huit fois chez les Portugais, une fois chez le Trésorier, dix fois chez Tommaso, une fois chez Lazare de Ravensberg, une fois chez Wolff de Rogendorff, une fois chez Bernard Stecher, une fois chez Arnold Meyting, une fois chez Gaspard Lewenter, et chaque dîner me coûte un pourboire de quatre sous.