Pendant les fêtes de la Pentecôte, je reçois à ma table maître Conrad, statuaire de Malines. Je fais pour maître Joachim, sur papier gris, quatre Christophe.
Je donne dix-huit sous pour des objets d'art italien, et six sous au docteur.
Le dernier jour de la Pentecôte vient la grande foire aux chevaux d'Anvers. J'y vais essayer plusieurs beaux étalons; on en achète deux devant moi pour sept cents florins.
Je vends pour un florin trois liards de gravures, et je mets cet argent dans ma poche pour mes dépenses; je donne encore quatre sous au docteur.
Je dîne trois fois chez Tommaso. Comme je lui ai dessiné trois fourreaux d'épée, il me donne un petit vase en albâtre.
Je fais au charbon le portrait d'un lord anglais; je reçois un florin, que je prends sur moi pour mes menus plaisirs.
Maître Gerhard[ [118] l'enlumineur a une petite fille de huit ans qui se nomme Suzanne[ [119]; elle a enluminé un Sauveur que j'ai payé un florin. Il est vraiment remarquable qu'une enfant de cet âge puisse faire pareille chose. Je perds six sous au jeu.
Le jour de la Sainte-Trinité, il y a à Anvers une grande et belle procession.
Maître Conrad m'envoie de jolis rasoirs; je donne à son vieux serviteur une Vie de Notre-Dame.
Je fais au charbon le portrait de Jean l'orfévre, de Bruxelles, et celui de sa femme. Je reçois pour ces deux portraits, et pour le dessin de son sceau, trois philippes.