Maître Hans Popenruter m'invite à dîner, j'accepte; et, de mon côté, j'invite deux fois maître Conrad et une fois sa femme. Je dépense pour cela vingt-neuf sous.

Je fais le portrait d'Étienne Kimmerling et celui de maître Conrad le sculpteur.

Le samedi, je quitte Malines pour retourner à Anvers.

Je dessine au charbon le portrait de maître Jacob. Je fais faire un cadre qui me coûte six sous, et je lui offre le tout sans lui rien faire payer.

Je dîne deux fois chez les Augustins[ [124]. Je redessine une fois le portrait de Bernard Stecher, et deux fois celui de sa femme; je lui donne tout mon œuvre gravé, il me le paye dix florins.

J'ai été invité par maître Lucas[ [125] qui grave sur cuivre. C'est un petit homme de Leyde, en Hollande, qui est venu voir Anvers.

Je dîne chez maître Bernard Stecher, et donne à son domestique un demi-sou. Je vends pour quatre florins et un liard de gravures.

J'ai fait le portrait de maître Lucas de Leyde au poinçon, et perdu un florin au jeu. J'ai donné de nouveau douze sous au médecin.

L'abbé du cloître des Augustins d'Anvers veut bien accepter une Vie de la Vierge que je lui offre. Je donne deux philippes pour quatorze peaux de poissons. J'ai dessiné le portrait du grand Antoine Haunolt et celui de maître Aest Braun[ [126] avec sa femme sur deux feuilles royales. Je l'ai fait autrefois au poinçon. J'ai reçu un angelot pour ces différents travaux. J'ai donné à l'orfévre qui a estimé mes bagues des gravures pour la valeur d'un florin. Ces trois bagues, que j'ai échangées contre des gravures, sont évaluées ainsi qu'il suit:

Les deux moins belles quinze couronnes, et le saphir vingt-cinq couronnes; total cinquante-quatre florins huit sous, et parmi les choses échangées, le Français a reçu trente-six grands livres à neuf florins. L'homme aux trois bagues m'a payé trop peu de moitié.