Cum vixisset annos LXXVI

[108] Ambroise et Jean, deux frères, riches marchands, originaires d'Augsbourg, arrivés à Anvers vers 1485.

[109] Rogier van der Weyden.

[110] Hugo van der Goes. Le tableau dont il est question ici est une sainte Vierge avec l'enfant Jésus.

[111] Cette admirable statue est encore aujourd'hui dans la même église.

[112] Albert Dürer parle-t-il de Jean van Eyck? C'est probable. Cependant il pourrait être question de Jean Hemmlinck ou de Jean Spital.

[113] Il est question ici de l'Adoration de l'Agneau, que les frères Jean et Hubert van Eyck peignirent pour Philippe le Bon, duc de Bourgogne, comte de Flandre. Après avoir admiré le génie des artistes, on admire leur patience. Rien, en effet, ne peut être comparé au fini précieux de ce tableau. On y compte trois cent trente têtes, sans en retrouver deux qui se ressemblent. De ce poëme, qui était composé de douze panneaux, il ne reste plus, dans la onzième chapelle de la cathédrale de Saint-Bavon à Gand, que quatre compartiments; mais si on en croit les chroniques, ce sont les plus beaux, et leur conservation est parfaite. Les couleurs principales, le rouge, le bleu et le pourpre, n'ont rien perdu de leur fraîcheur et de leur éclat; on croirait que cette belle œuvre, qui a aujourd'hui quatre cent trente-deux ans, sort de l'atelier des peintres. Il est vrai que les Gantois en ont un soin tout particulier; elle ne voit la lumière que rarement, à certains grands jours de fête, et à la demande des gens considérables. On m'a assuré à Gand que l'homme préposé à sa garde se livre à une petite supercherie, que nous sommes assez tentés de lui pardonner, puisqu'elle contribue à prolonger l'existence de ce chef-d'œuvre inimitable. Il a un flair excellent parmi les touristes dont il reçoit la visite, il distingue du premier coup d'œil ceux qui sont dignes d'adorer l'Agneau; s'il a affaire à des connaisseurs, il montre le vrai tableau; s'il a affaire à des profanes, il exhibe une toile au hasard; ce qui n'empêche pas ces braves gens de trouver la réputation du tableau surfaite. Se non è vero è ben trovato. Le roi d'Espagne, Philippe II, ne pouvait se lasser d'admirer cette peinture, il en offrit à plusieurs reprises des sommes considérables, mais vainement; enfin, il se décida à la faire copier par Michel Coxie, qui employa à ce travail pour trente-deux ducats de bleu, que le Titien lui avait envoyé d'Italie. Cette copie est fort belle; on lui reproche seulement de n'être pas la reproduction tout à fait exacte du modèle. On se demande, par exemple, pourquoi la sainte Cécile regarde derrière elle; si c'est, comme on le suppose, un caprice royal, nous excusons Coxie. Philippe II payait assez cher (quatre mille florins) pour avoir le droit de donner des ordres, même mauvais. Après bien des pérégrinations en Espagne, en Angleterre et en Hollande, elle est aujourd'hui dans la même chapelle que son admirable modèle; voici par quel concours de circonstances: le gouvernement belge l'avant achetée (1800 francs) à la vente du roi Guillaume II, proposa à l'évêque de Gand, Monseigneur Delebecque, et au chapitre de Saint-Bavon de l'échanger contre deux tableaux d'Hubert van Eyck, représentant Adam et Ève de grandeur naturelle, qui étaient relegués dans les combles de l'église à cause de la légèreté de leur costume. Le marché fut accepté moyennant un appoint de 12,000 fr. que le gouvernement belge paya; cet argent servit à faire exécuter les vitraux que l'on voit derrière le maître-autel. Des douze panneaux de la composition originale, six appartiennent au roi de Prusse, qui les a achetés à un Anglais, M. Solly, avec quelques toiles d'un ordre inférieur, pour la somme de 410,900 fr. Cet Anglais les avait payés 100,000 fr. à M. Nieuwenhuys de Bruxelles, à qui ils avaient coûté 6,000 francs.

[114] Wenceslas Hollar l'a gravé sur cuivre, d'après le dessin de Dürer, qui est dans le cabinet du comte Arundel. L'empereur Charles V, étant à Tunis, envoya un lion et quatre lionnes à un certain Dominique van Houcke, dit Van Vaernewyck, de Gand. Histoire de Belgique, page 119, Gand 1574.

[115] On voyait autrefois ces statues sur un des ponts jetés sur la Lys, appelé le pont de la décapitation, avec cette inscription:

Ae Gandt le en fant Fraepe sae père Tacte desuu
Maies se Heppe rompe, si Grâce de Dieu.
MCCCLXXI.