Voici la légende: Deux hommes, le père et le fils, étaient condamnés à mort. Le roi avait fait grâce de la vie à celui des deux qui consentirait à décapiter l'autre. Le père refusa énergiquement, le fils eut la lâcheté d'accepter. Il brandit sa hache, mais elle se brisa et vint lui trancher la tête, au lieu de trancher celle de son père.

Ces deux statues n'ont disparu que vers 1793.

[116] Joachim Patenier. Le peintre de Dinant paraît avoir quarante-cinq ans environ. Il est en buste, vu de trois quarts, et coiffé d'un bonnet bizarre à deux étages, dont le premier est en fourrure. Les épaules sont couvertes d'un manteau bien drapé, qui laisse entrevoir un vêtement de chambre, d'une forme excentrique. Son cou est nu. Au haut de la planche à gauche, l'année 1521 et le chiffre d'Albert Dürer sont gravés sur un fond gris. Hauteur, 7 pouces 8 lignes, en comptant la petite marge du bas qui a 4 lignes.

Il est prouvé aujourd'hui que ce portrait a été dessiné par Albert Dürer et gravé par Cornelius Cort.

[117] Albert Dürer ajouta facilement foi à cette fausse nouvelle de l'emprisonnement et de la mort de Martin Luther, et il en fut fort attristé. Cet enlèvement n'avait pourtant pas été fait par ses ennemis, mais par ses amis. Lorsque Luther fut mis au ban de l'empire par Charles V, l'électeur, Frédéric III de Saxe, craignit qu'il ne lui arrivât malheur. Il résolut donc de le mettre en lieu sûr, et donna l'ordre à quelques hommes de confiance de l'enlever. Cet ordre fut exécuté par Jean de Berlepsch et Burkard de Kund, accompagnés de trois valets, le 4 mai 1521, pendant que Luther traversait la forêt de Thuringe, entre le château d'Altenstein et la petite ville de Walterhausen; on l'emmena sous un déguisement au château de Wartburg, près d'Eisenach. Là, il écrivit plusieurs ouvrages et y resta jusqu'au 1er mars de l'année suivante, époque à laquelle il retourna à Wittenberg.

[118] Maître Gérard Horebout ou Hurembout, né à Gand, peintre d'Henri VIII, roi d'Angleterre.

[119] Cette Suzanne devint une grande et belle personne, fort recherchée à la cour du roi Henri VIII. Elle fit un art de l'enluminure et mourut en Angleterre, considérablement riche et comblée d'honneurs. Son frère, Lucas Hurembout, alléché par les succès de sa sœur, quitta la peinture pour se faire enlumineur, mais il ne réussit pas comme elle.

[120] Sans doute Henri de Bles ou Met de Bles, Henri à la Houppe, né à Bovines, près de Dinant. Les Italiens l'appelaient le Maître au hibou ou Civetta, parce qu'il avait la manie de peindre un hibou dans le feuillage de ses arbres; il l'y cachait si bien que souvent on avait beaucoup de mal à le trouver.

[121] Van Eyck.

[122] Jacopo de Barbary, dit le maître au caducée.