—Voici votre chambre, mademoiselle, dit le comte; j'attendrai vos ordres.
Il salua, se retira et me laissa seule.
Mon premier soin fut de m'approcher de la lampe et de tirer de ma poitrine la lettre de mon père… La voici, monsieur de Bussy: je vous fais mon juge, lisez.
Bussy prit la lettre et lut:
«Ma Diane bien-aimée, si, comme je n'en doute pas, te rendant à ma prière, tu as suivi M. le comte de Monsoreau, il a dû te dire que tu avais eu le malheur de plaire au duc d'Anjou, et que c'était ce prince qui t'avait fait enlever et conduire au château de Beaugé; juge par cette violence ce dont le duc est capable, et quelle est la honte qui te menace. Eh bien, cette honte, à laquelle je ne survivrais pas, il y a un moyen d'y échapper: c'est d'épouser notre noble ami; une fois comtesse de Monsoreau, c'est sa femme que le comte défendra, et, par tous les moyens, il m'a juré de te défendre. Mon désir est donc, ma fille chérie, que ce mariage ait lieu le plus tôt possible, et, si tu accèdes à mes désirs, à mon consentement bien positif, je joins ma bénédiction paternelle, et prie Dieu qu'il veuille bien t'accorder tous les trésors de bonheur que son amour tient en réserve pour les cours pareils au tien.
«Ton père, qui n'ordonne pas, mais qui supplie,
«Baron DE MÉRIDOR.»
—Hélas! dit Bussy, si cette lettre est bien de votre père, madame, elle n'est que trop positive.
—Elle est de lui, et je n'ai aucun doute à en faire; néanmoins je la relus trois fois avant de prendre aucune décision. Enfin j'appelai le comte.
Il entra aussitôt: ce qui me prouva qu'il attendait à la porte.