—Le duc est un coeur sombre et persévérant, dit M. de Monsoreau.
—Oh! il m'oubliera, je l'espère!
—Je n'en crois rien: on ne vous oublie pas quand on vous a vue. J'ai fait tout ce que j'ai pu pour vous oublier, moi, et je n'ai pas pu.
Et le premier éclair de passion que j'aie remarqué chez M. de
Monsoreau passa en ce moment dans les yeux du comte.
Je fus plus effrayée de cette flamme, qui venait de jaillir de ce foyer qu'on eût cru éteint, que je ne l'avais été le matin à la vue du prince.
Je demeurai muette.
—Que comptez-vous faire? me demanda le comte.
—Monsieur, ne pourrai-je changer de maison, de quartier, de rue; aller demeurer à l'autre bout de Paris, ou, mieux encore, retourner dans l'Anjou?
—Tout cela serait inutile, dit M. de Monsoreau en secouant la tête: c'est un terrible limier que M. le duc d'Anjou; il est sur votre trace; maintenant, allez où vous voudrez, il la suivra jusqu'à ce qu'il vous joigne.
—Oh! mon Dieu! vous m'effrayez.