—Amen! dit tout bas Chicot.
Mais c'était une précaution inutile: Chicot eût pu répondre tout haut, et sa voix n'eût pas été entendue au milieu des applaudissements et des bravos qui s'élevèrent jusqu'aux voûtes de la chapelle.
Les trois princes lorrains, après en avoir donné le signal, les laissèrent se calmer; puis le cardinal, qui était le plus rapproché du duc, faisant encore un pas de son côté, lui dit:
—Vous êtes venu de votre plein gré parmi nous, prince?
—De mon plein gré, monsieur.
—Qui vous a instruit du saint mystère?
—Mon ami, un homme zélé pour la religion, M. le comte de Monsoreau.
—Maintenant, dit à son tour le duc de Guise, maintenant que Votre Altesse est des nôtres, veuillez, monseigneur, avoir la bonté de nous dire ce que vous comptez faire pour le bien de la sainte Ligue.
—Je compte servir la religion catholique, apostolique et romaine dans toutes ses exigences, répondit le néophyte.
—Ventre de biche! dit Chicot, voici, sur mon âme, des gens bien niais, de se cacher pour dire de pareilles choses! Que ne proposent-ils cela tout bonnement au roi Henri III, mon illustre maître? Tout cela lui irait à merveille: processions, macérations, extirpations d'hérésies comme à Rome, fagots et auto-da-fés comme en Flandre et en Espagne. Mais c'est le seul moyen de lui faire avoir des enfants, à ce bon prince. Corboeuf! j'ai envie de sortir de mon confessionnal et de me présenter à mon tour, tant ce cher duc d'Anjou m'a touché! Continue, digne frère de Sa Majesté, noble imbécile, continue!