Et le duc d'Anjou, comme s'il eût été sensible à l'encouragement, continua en effet.

—Mais, dit-il, l'intérêt de la religion n'est pas le seul but que des gentilshommes doivent se proposer. Quant à moi, j'en ai entrevu un autre.

—Ouais! fit Chicot, je suis gentilhomme aussi; cela m'intéresse donc comme les autres; parle, d'Anjou, parle.

—Monseigneur, on écoute Votre Altesse avec la plus sérieuse attention, dit le cardinal de Guise.

—Et nos coeurs battent d'espérance en vous écoutant, dit M. de
Mayenne.

—Je m'expliquerai donc, dit le duc d'Anjou en sondant de son regard inquiet les profondeurs ténébreuses de la chapelle, comme pour s'assurer que ses paroles ne tomberaient qu'en oreilles dignes de recevoir la confidence.

M. de Monsoreau comprit l'inquiétude du prince et le rassura par un sourire et par un coup d'oeil des plus significatifs.

—Or, quand un gentilhomme a pensé à ce qu'il doit à Dieu, continua le duc d'Anjou en baissant involontairement la voix, il pense alors à son….

—Parbleu! à son roi, souffla Chicot, c'est connu.

—A son pays, dit le duc d'Anjou, et il se demande si son pays jouit bien réellement de tout l'honneur et de tout le bien-être qu'il était destiné d'avoir en partage: car un bon gentilhomme tire ses avantages de Dieu d'abord, et ensuite du pays dont il est l'enfant.