Des applaudissements unanimes saluèrent cette action décisive, d'autant moins attendue, que l'on connaissait le caractère irrésolu du prince.
—Messieurs, dit le duc aux assistants, donnez vos noms à M. le duc de Mayenne, grand maître de France; le jour où je serai roi, vous serez tous chevaliers de l'ordre.
Les applaudissements redoublèrent, et tous les assistants vinrent l'un après l'autre donner leurs noms à M. de Mayenne.
—Mordieu! dit Chicot, la belle occasion d'avoir le cordon bleu! Je n'en retrouverai jamais une pareille, et dire qu'il faut que je m'en prive!
—Maintenant, à l'autel, sire, dit le cardinal de Guise.
—Monsieur de Monsoreau, mon capitaine colonel; messieurs de Ribeirac et d'Entragues, mes capitaines; monsieur de Livarot, mon lieutenant des gardes, prenez dans le choeur les places auxquelles le rang que je vous confie vous donne droit.
Chacun de ceux qui venaient d'être nommés alla prendre le poste que, dans une véritable cérémonie du sacre, l'étiquette leur eût assigné.
—Messieurs, dit le duc en s'adressant au reste de l'assemblée, vous m'adresserez tous une demande, et je tâcherai de ne point faire un seul mécontent.
Pendant ce temps le cardinal était passé derrière le tabernacle, et y avait revêtu les ornements pontificaux. Bientôt il reparut avec la sainte ampoule, qu'il déposa sur l'autel.
Alors il fit un signe à l'enfant de choeur, qui apporta le livre des Évangiles et la croix. Le cardinal prit l'un et l'autre, posa la croix sur le livre des Évangiles et les étendit vers le duc d'Anjou, qui mit la main dessus.