—En présence de Dieu, dit le duc, je promet à mon peuple de maintenir et d'honorer notre sainte religion, comme il appartient au roi très-chrétien et au fils aîné de l'Église. Et qu'ainsi Dieu me soit en aide et ses saints Évangiles.
—Amen! répondirent d'une seule voix tous les assistants.
—Amen! reprit une espèce d'écho qui semblait venir des profondeurs de l'église.
Le duc de Guise, faisant, comme nous l'avons dit, les fonctions de connétable, monta les trois marches de l'autel, et en avant du tabernacle déposa son épée, que le cardinal bénit.
Le cardinal alors la tira du fourreau, et, la prenant par la lame, la présenta au roi, qui la prit par la poignée.
—Sire, dit-il, prenez cette épée, qui vous est donnée avec la bénédiction du Seigneur, afin que par elle et par la force de l'Esprit-Saint, vous puissiez résister à tous vos ennemis, protéger et défendre la sainte Église et le royaume qui vous est confié. Prenez cette épée, afin que, par son secours, vous exerciez la justice, vous protégiez les veuves et les orphelins, vous répariez les désordres; afin que, vous couvrant de gloire par toutes les vertus, vous méritiez de régner avec celui dont vous êtes l'image sur la terre, et qui règne avec le Père et le Saint-Esprit dans les siècles des siècles.
Le duc baissa l'épée de manière que la pointe touchât le sol, et, après l'avoir offerte à Dieu, la rendit au duc de Guise.
L'enfant de choeur apporta un coussin qu'il déposa devant le duc d'Anjou, qui s'agenouilla.
Puis le cardinal ouvrit le petit coffret de vermeil, et, avec la pointe d'une aiguille d'or, il en tira une parcelle d'huile sainte, qu'il étendit sur la patène.
Alors, la patène à la main gauche, il dit sur le duc deux oraisons.