—Votre silence, madame, est la suite de votre accueil du Louvre. Au
Louvre, vous ne me voyiez pas; ici vous ne me parlez pas.
—Au Louvre, j'étais en présence de M. de Monsoreau. M. de Monsoreau me regardait, et il est jaloux.
—Jaloux! Eh! que lui faut-il donc, mon Dieu! quel bonheur peut-il envier, quand tout le monde envie son bonheur?
—Je vous dis qu'il est jaloux, monsieur; depuis quelques jours il a vu rôder quelqu'un autour de notre nouvelle demeure.
—Vous avez donc quitté la petite maison de la rue Saint-Antoine?
—Comment! s'écria Diane emportée par un mouvement irréfléchi, cet homme, ce n'était donc pas vous?
—Madame, depuis que votre mariage a été annoncé publiquement, depuis que vous avez été présentée, depuis cette soirée du Louvre, enfin, où vous n'avez pas daigné me regarder, je suis couché; la fièvre me dévore, je me meurs; vous voyez que votre mari ne saurait être jaloux de moi, du moins, puisque ce n'est pas moi qu'il a pu voir autour de votre maison.
—Eh bien, monsieur le comte, s'il est vrai, comme vous me l'avez dit, que vous eussiez quelque désir de me revoir, remerciez cet homme inconnu; car, connaissant M. de Monsoreau comme je le connais, cet homme m'a fait trembler pour vous, et j'ai voulu vous voir pour vous dire: «Ne vous exposez pas ainsi, monsieur le comte, ne me rendez pas plus malheureuse que je ne le suis.»
—Rassurez-vous, madame; je vous le répète, ce n'était pas moi.
—Maintenant, laissez-moi achever tout ce que j'avais à vous dire. Dans la crainte de cet homme, que nous ne connaissons pas, mais que M. de Monsoreau connaît peut-être, dans la crainte de cet homme, il exige que je quitte Paris; de sorte que, ajouta Diane en tendant la main à Bussy, de sorte que, monsieur le comte, vous pouvez regarder cet entretien comme le dernier… Demain je pars pour Méridor.