—Vous partez, madame! s'écria Bussy.
—Il n'est que ce moyen de rassurer M. de Monsoreau, dit Diane; il n'est que ce moyen de retrouver ma tranquillité. D'ailleurs, de mon côté, je déteste Paris; je déteste le monde, la cour, le Louvre. Je suis heureuse de m'isoler avec mes souvenirs de jeune fille; il me semble qu'en repassant par le sentier de mes jeunes années, un peu de mon bonheur d'autrefois retombera sur ma tête comme une douce rosée. Mon père m'accompagne. Je vais retrouver là-bas M. et madame de Saint-Luc, qui regrettent de ne pas m'avoir près d'eux. Adieu, monsieur de Bussy.
Bussy cacha son visage entre ses deux mains.
—Allons, murmura-t-il, tout est fini pour moi.
—Que dites-vous là? s'écria Diane en se levant.
—Je dis, madame, que cet homme qui vous exile, que cet homme qui m'enlève le seul espoir qui me restait, c'est-à-dire celui de respirer le même air que vous, de vous entrevoir derrière une jalousie, de toucher votre robe en passant, d'adorer enfin un être vivant et non pas une ombre, je dis, je dis que cet homme est mon ennemi mortel, et que, dussé-je y périr, je détruirai cet homme de mes mains.
—Oh! monsieur le comte!
—Le misérable! s'écria Bussy; comment! ce n'est point assez pour lui de vous avoir pour femme, vous, la plus belle et la plus chaste des créatures; il est encore jaloux! Jaloux! monstre ridicule et dévorant: il absorberait le monde.
—Oh! calmez-vous, comte, calmez-vous, mon Dieu!… il est excusable, peut-être.
—Il est excusable! c'est vous qui le défendez, madame!