Pendant tout ce dialogue, Chicot avait livré passage au joueur de luth; mais de telle façon qu'il avait transporté son établissement dans le corridor, et que le messager de M. de Guise se trouvait placé maintenant entre lui et la porte d'entrée.
Cependant il hésitait à ouvrir cette porte.
—Mais, dit-il, que fait donc M. de Quélus chez M. le duc d'Anjou? je ne les savais pas si grands amis.
—Chut! dit Chicot avec un air de mystère.
Puis, tenant toujours son échiquier entre ses deux mains, il décrivit une courbe avec sa longue personne, de sorte que, sans que ses pieds quittassent leur place, ses lèvres arrivèrent à l'oreille d'Aurilly.
—Il vient demander pardon à Son Altesse Royale, dit-il, pour une petite querelle qu'ils eurent hier.
—En vérité? dit Aurilly.
—C'est le roi qui a exigé cela; vous savez dans quels excellents termes les deux frères sont en ce moment. Le roi n'a pas voulu souffrir une impertinence de Quélus, et Quélus a reçu l'ordre de s'humilier.
—Vraiment?
—Ah! monsieur Aurilly, dit Chicot, je crois que véritablement nous entrons dans l'âge d'or; le Louvre va devenir l'Arcadie, et les deux frères Arcades ambo. Ah! pardon, monsieur Aurilly, j'oublie toujours que vous êtes musicien.