La pierre avait été lancée si rudement, quelle avait plutôt troué que brisé la vitre.
La pierre paraissait enveloppée dans un papier.
Alors les idées du duc commencèrent à changer de direction. Cette pierre, au lieu de lui être lancée par quelque ennemi, ne lui venait-elle pas, au contraire, de quelque ami?
La sueur lui monta au front; l'espérance, comme l'effroi, à ses angoisses.
Le duc s'approcha de la lumière.
En effet, autour de la pierre, un papier était roulé et maintenu avec une soie nouée de plusieurs noeuds. Le papier avait naturellement amorti la dureté du silex, qui, sans cette enveloppe, eût certes causé au prince une douleur plus vive que celle qu'il avait ressentie.
Briser la soie, dérouler le papier et le lire, fut pour le duc l'affaire d'une seconde: il était complètement ressuscité.
Une lettre! murmura-t-il en jetant autour de lui un regard furtif.
Et il lut:
«Êtes-vous las de garder la chambre? aimez-vous le grand air et la liberté? Entrez dans le cabinet où la reine de Navarre avait caché votre pauvre ami, M. de la Mole; ouvrez l'armoire, et, en déplaçant le tasseau du bas, vous trouverez un double fond: dans ce double fond, il y a une échelle de soie, attachez-la vous-même au balcon, deux bras vigoureux vous roidiront l'échelle au bas du fossé. Un cheval, vite comme la pensée, vous mènera en lieu sûr.