«UN AMI.»

—Un ami! s'écria le prince; un ami! oh! je ne savais pas avoir un ami. Quel est donc cet ami qui songe à moi?

Et le duc réfléchit un moment; mais, ne sachant sur qui arrêter sa pensée, il courut regarder à la fenêtre; il ne vit personne.

—Serait-ce un piège? murmura le prince, chez lequel la peur s'éveillait, le premier de tous les sentiments.

—Mais d'abord, ajouta-t-il, on peut savoir si cette armoire a un double fond, et si, dans ce double fond, il y a une échelle.

Le duc alors, sans changer la lumière de place, et résolu, pour plus de précaution, au simple témoignage de ses mains, se dirigea vers ce cabinet dont tant de fois jadis il avait poussé la porte avec un coeur palpitant, alors qu'il s'attendait à y trouver madame la reine de Navarre, éblouissante de cette beauté que François appréciait plus qu'il ne convenait peut-être à un frère.

Cette fois encore, il faut l'avouer, le coeur battait au duc avec violence.

Il ouvrit l'armoire à tâtons, explora toutes les planches, et, arrivé à celle d'en bas, après avoir pesé au fond et pesé sur le devant, il pesa sur un des côtés, et sentit la planche qui faisait la bascule.

Aussitôt il introduisit sa main dans la cavité et sentit au bout de ses doigts le contact d'une échelle de soie.

Comme un voleur qui s'enfuit avec sa proie, le duc se sauva dans sa chambre emportant son trésor.