—Avec franchise?

—Parlez!

—Eh bien, de tout ce que vous venez de dire, madame, vous n'avez pas trouvé un mot au fond de votre coeur.

—Comment?

—Écoutez-moi sans impatience, madame, vous voyez que je vous ai écoutée patiemment; vous m'avez accablé de sophismes.

Diane fit un mouvement.

—Les lieux communs de morale, continua Bussy, ne sont que cela quand ils manquent d'application. En échange de ces sophismes, moi, madame, je vais vous rendre des vérités. Un homme est votre maître, dites-vous; mais avez-vous choisi cet homme? Non, une fatalité vous l'a imposé, et vous l'avez subi. Maintenant, avez-vous dessein de souffrir toute votre vie des suites d'une contrainte si odieuse? Alors c'est à moi de vous en délivrer.

Diane ouvrit la bouche pour parler, Bussy l'arrêta d'un signe.

—Oh! je sais ce que vous m'allez répondre, dit le jeune homme. Vous me répondrez que, si je provoque M. de Monsoreau et si je le tue, vous ne me reverrez jamais.—Soit, je mourrai de douleur de ne pas vous revoir; mais vous vivrez libre, mais vous vivrez heureuse, mais vous pourrez rendre heureux un galant homme, qui dans sa joie, bénira quelquefois mon nom, et dira: «Merci! Bussy, merci! de nous avoir délivrés de cet affreux Monsoreau;» et vous-même, Diane, vous qui n'oseriez me remercier vivant, vous me remercierez mort.

La jeune femme saisit la main du comte et la serra tendrement.