Et aussitôt Catherine parut, blême et vêtue de noir, selon sa coutume.
Le duc d'Anjou fit un mouvement pour se lever. Mais Catherine, avec une agilité qu'on n'aurait pas soupçonnée en ce corps usé par l'âge, Catherine se jeta dans les bras de son fils, et le couvrit de baisers.
—Elle va l'étouffer, pensa Bussy, ce sont de vrais baisers, mordieu!
Elle fit plus, elle pleura.
—Méfions-nous, dit Antraguet à Ribérac, chaque larme sera payée un muid de sang.
Catherine, ayant fini ses accolades, s'assit au chevet du duc; Bussy fit un signe, et les assistants s'éloignèrent. Lui, comme s'il était chez lui, s'adossa aux pilastres du lit, et attendit tranquillement.
—Est-ce que vous ne voudriez pas prendre soin de mes pauvres gens, mon cher monsieur de Bussy? dit tout à coup Catherine. Après mon fils, c'est vous qui êtes notre ami le plus cher, et maître du logis, n'est-ce pas? je vous demande cette grâce.
Il n'y avait pas à hésiter.
—Je suis pris, pensa Bussy.
—Madame, dit-il, trop heureux de pouvoir plaire à Votre Majesté, je m'en y vais.