Gorenflot est si simple, qu'il n'a même pas pensé à user de sa position pour se faire ouvrir les portes. On lui a dit: «Frère, il est défendu de sortir,» et il n'est point sorti.

On ne se doutait point de cette flamme intérieure qui lui rendait pesante la félicité du couvent.

Aussi, voyant que sa tristesse augmente de jour en jour, le prieur lui dit un matin:

—Très-cher frère, nul ne doit combattre sa vocation; la vôtre est de militer pour le Christ: allez donc, remplissez la mission que le Seigneur vous a confiée; seulement, veillez bien sur votre précieuse vie, et revenez pour le grand jour.

—Quel grand jour? demande Gorenflot absorbé dans sa joie.

—Celui de la Fête-Dieu.

Ita! dit le moine avec un air de profonde intelligence; mais, ajouta Gorenflot, afin que je m'inspire chrétiennement par des aumônes, donnez-moi quelque argent.

Le prieur s'empressa d'aller chercher une large bourse, qu'il ouvrit à
Gorenflot. Gorenflot y plongea sa large main.

—Vous verrez ce que je rapporterai au couvent, dit-il en faisant passer dans la large poche de son froc ce qu'il venait d'emprunter à la bourse du prieur.

—Vous avez votre texte, n'est-ce pas, très-cher frère? demanda Joseph
Foulon.