—Pas de nouvelles, mauvaises nouvelles!

Les mignons ajoutaient:

François, mal conseillé, aura retenu votre mère.

François, mal conseillé; en effet, toute la politique de ce règne singulier et des trois règnes précédents se réduisait là.

Mal conseillé avait été le roi Charles IX, lorsqu'il avait, sinon ordonné, du moins autorisé la Saint-Barthélemy; mal conseillé avait été François II, lorsqu'il ordonna le massacre d'Amboise; mal conseillé avait été Henri II, le père de cette race perverse, lorsqu'il fit brûler tant d'hérétiques et de conspirateurs avant d'être tué par Montgomery, qui, lui-même, avait été mal conseillé, disait-on, lorsque le bois de sa lance avait si malencontreusement pénétré dans la visière du casque de son roi.

On n'ose pas dire à un roi:

«Votre frère a du mauvais sang dans les veines; il cherche, comme c'est l'usage dans votre famille, à vous détrôner, à vous tondre ou à vous empoisonner; il veut vous faire à vous ce que vous avez fait à votre frère aîné, ce que votre frère aîné a fait au sien, ce que votre mère vous a tous instruits à vous faire les uns aux autres.»

Non, un roi de ce temps-là surtout, un roi du seizième siècle eût pris ces observations pour des injures, car un roi était, en ce temps-là, un homme, et la civilisation seule en a pu faire un fac-similé de Dieu, comme Louis XIV, ou un mythe non responsable, comme—un roi constitutionnel.

Les mignons disaient donc à Henri III:

—Sire, votre frère est mal conseillé.