Et, comme une seule personne avait à la fois le pouvoir et l'esprit de conseiller François, c'était contre Bussy que se soulevait la tempête, chaque jour plus furieuse et plus près d'éclater.

On en était, dans les conseils publics, à trouver des moyens d'intimidation, et, dans les conseils privés, à chercher des moyens d'extermination, lorsque la nouvelle arriva que monseigneur le duc d'Anjou envoyait un ambassadeur.

Comment vint cette nouvelle? par qui vint-elle? qui l'apporta? qui la répandit?

Il serait aussi facile de dire comment se soulèvent les tourbillons de vent dans l'air, les tourbillons de poussière dans la campagne, les tourbillons de bruit dans les villes.

Il y a un démon qui met des ailes à certaines nouvelles et qui les lâche comme des aigles dans l'espace.

Lorsque celle que nous venons de dire arriva au Louvre, ce fut une conflagration générale. Le roi en devint pâle de colère, et les courtisans, outrant, comme d'habitude, la passion du maître, se firent livides.

On jura. Il serait difficile de dire tout ce que l'on jura, mais on jura entre autres choses:

Que, si c'était un vieillard, cet ambassadeur serait bafoué, berné, embastillé;

Que, si c'était un jeune homme, il serait pourfendu, troué à jour, déchiqueté en petits morceaux, lesquels seraient envoyés à toutes les provinces de France comme un échantillon de la royale colère.

Et les mignons, selon leur habitude, de fourbir leurs rapières, de prendre des leçons d'escrime, et de jouer de la dague contre les murailles.